Retour au couchsurfing à Jakarta

La République d’Indonésie, pays transcontinental d’Asie du Sud Est et d’Océanie, compte quelques 17500 îles. C’est le plus grand archipel du monde ! Quatrième pays le plus peuplé du monde (250 millions d’habitants), il est le premier à majorité musulmane.

Notre entrée dans le pays depuis Kuala Lumpur se fait à Jakarta, capitale de l’Indonésie, sur l’île de Java. Pour info, le visa est gratuit  depuis juillet 2015 pour les ressortissants français; comme on y a été fin avril il a fallu nous acquitter de 35 dollars chacun pour avoir notre tampon (c’était 25 dollars auparavant). On paie en dollars mais on nous rend la monnaie en roupies indonésiennes et on se fait arnaquer.

De Jakarta, comme de Kuala Lumpur, nous n’avions aucune idée toute faite. Pas de cliché, aucune idée de ce à quoi s’attendre. Comme cela faisait un moment que nous n’avions pas fait de couchsurfing (depuis la Chine) et après plus de trois mois en mode touristes, on a eu envie de retrouver plus d’authenticité. Et pour le coup, on n’aurait pas pu mieux tombé!

Nous voilà accueillis par Desi, la quarantaine, qui vit avec son fils de cinq ans et qui héberge temporairement sa mère. Elle nous a prévenus que la maison est petite et qu’elle n’a pas de lit à nous offrir; on la remercie quand-même: cela ne nous fait pas peur, on s’en accommodera pour deux nuits. Desi nous a indiqué le bus à prendre pour rejoindre le centre-ville depuis l’aéroport (40 000 Rp chacun soit environ 2,50 euros), et nous a même conseillé la compagnie de taxi à privilégier et le prix que ça devait nous coûter pour éviter les arnaques. Après avoir fui quelques chauffeurs affamés et trop gourmands, on en trouve enfin un qui convient. Et nous voilà dans les embouteillages de la capitale.

Pétrolettes, tuk-tuk, voitures, tout ce petit monde se suit, se double, se faufile, se frôle; ça klaxonne et ça crie, mais… ça passe.

Le taxi nous dépose dans le quartier de Desi, un vrai labyrinthe de ruelles. Elle nous attend avec son fils. Grand sourire, volubile, avec un bon anglais. On la suit dans le dédales des rues, et des regards étonnés se posent sur nous: que viennent faire ici ces deux Blancs avec leurs sacs à dos ? Ce n’est rien de dire que le quartier est populaire. Desi pousse la porte de sa maison et nous voilà dans son salon-salle à manger. Deux chambres qu’elle partage avec sa mère et son fils, une cuisine sommaire et une salle d’eau. Toilettes « à la turque » et un tuyau en guise de douche – eau froide.

Desi nous offre une carte de l’Indonésie en tissu avec un design de batik, typique du pays. On lui offre du thé de Malaisie. On jette des matelas et couvertures par-terre en espérant que la chaleur ne nous empêche pas de dormir. Finalement, la chaleur, non, mais la prière de 4 heures du matin… Si. Prière annonçant toutes celles qui allaient se succéder dans les semaines suivantes… Le réveil est de toute façon matinal et à 5h tout le monde est debout! Le petit part à l’école à vélo, Desi au travail en scooter et Mémé allume la télé. Comme la communication avec cette dernière est vaine, on sort prendre notre petit-déjeuner au 7 Eleven du quartier.

On va ensuite attendre le tramway, aux wagons de train d’un autre temps, et à l’intérieur duquel tout le monde s’engouffre dans une chaleur suffocante. On arrive tant bien que mal au centre-ville, avec ses building ultra modernes. On rejoint Desi au pied du sien, la BCA Tower avec ses 56 étages et ses 230m de hauteur! Elle nous rejoint, nous fait faire un badge « visitor » et on la suit jusqu’au 55ème étage. Le contraste est fort entre la Desi qui vit dans une petite maison au confort limité du quartier populaire, et la Desi qui évolue avec aisance dans cet immeuble à huit ascenseurs, entourée d’hommes et de femmes d’affaires. Elle nous fait découvrir la vue sur l’ensemble de la ville.

Elle nous indique ensuite où prendre le bus touristique gratuit qui fait le tour du centre-ville en passant devant les principaux attraits touristiques. On apprécie la clim! On s’arrête une première fois au monument national, « Monas » (abréviation de « monument nacional »), une tour de 132m qui trône au centre de Merdeka Square. Ouverte au public depuis 1975, elle est le symbole de la lutte pour l’indépendance de l’Indonésie (principalement sous occupation néerlandaise au début du XX°siècle). On visite l’intérieur du pied de la tour, qui est une sorte de musée qui raconte l’Histoire du pays, puis on commence à faire la queue pendant pour accéder au sommet. Mais on a peut-être pas choisi le bon jour, car il y avait plusieurs classes en sortie scolaire; et au bout de plus d’une heure d’attente, n’ayant parcouru que quelques mètres, on abandonne – sans pouvoir se faire rembourser. On reprend le bus – et une vague de fraîcheur! – pour aller jusqu’au musée national, ou musée Gajah, qui présente lui aussi l’Histoire et la vie des Indonésiens.

Desi nous propose de rester une nuit de plus, mais comme l’attitude de son fils timide  et de sa mère, aphone, nous met mal à l’aise, on refuse gentiment. De toute façon , Jakarta n’était qu’une étape: on veut maintenant avancer vers la principale raison de notre venue en Indonésie: les volcans.

On achète donc des billets de bus pour notre prochaine étape: Yogyakarta.

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10 Comments

  1. Merci pour cette nouvelle étape.
    Quand on pense qu’un million de personnes soupçonnées de communisme ont été assassinées en 1965, dans d’atroces conditions, ça fait froid dans le dos, non ?

  2. Coucou 🙂
    Belle vue de la ville qui allie building et extrême pauvreté. Cette femme avait l’air sympa, c’était encore une belle rencontre 🙂

  3. J’ai vraiment eu beaucoup de mal avec Jakarta. Ce n’est pas tant le bruit, la pollution… etc, ça je m’en accommode sans problème et j’aime généralement les grandes villes asiatiques, mais condition de pouvoir déambuler dans les rues. Mais Jakarta, enfin ce que j’en ai vu, est une ville faite pour les voitures, pas les piétons. Le quartier où vous logiez semble différent cela dit non ?

    • Ah oui? On n’a pas trop eu cette impression. Là où on dormait, les rues étaient si vieilles et étroites qu’il y avait beaucoup de piétons. Mais même dans la zone plus moderne cela ne nous a pas dérangé.

  4. Une escale rondement menée qui donne le vertige du gratte-ciel…

  5. bonne et heure année 2016!!! pleins de beaux voyages (veinards) pour découvrir le monde et nous le faire partager !!! merci pour vos gentils cadeaux!!j’ai jeté ma vieille manique et Eliot était très intéressé par les animaux dessinés desssus!!!!bisous à tous les deux.

  6. Merci pour l’article ! Je me demande si je dois ajouter Jakarta dans l’itinéraire de mon tour du monde… La ville n’a pas l’air d’avoir beaucoup à offrir ? Je suis fan des buildings mais après New-York j’ai peur d’être déçue ?

    • On ne connaît pas encore New York… Mais pour ce qui est de Jakarta, c’est vrai que ce qu’on a pu voir de l’architecture ca n’a rien de transcendant!

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