Phnom Penh, du sourire aux larmes

Phnom Penh, on a hâte d’y être; outre que ce soit la capitale du pays, on y est attendu ! Et pas par n’importe qui.

Il y a maintenant un peu plus d’un an, lorsque je surfais de blog voyage en blog voyage, j’en ai découvert un entre autres qui m’a particulièrement plu, par son design, ses superbes photos et bien-entendu, ses textes ! Ce blog c’est celui de Tugdual (c’est pas bizarre, c’est breton!), Visa pour. Expatrié au Cambodge pendant un an, le pays est devenu sa destination phare. Un blogueur sans langue de bois qui a accepté de répondre à quelques questions par ici. Etant déjà en contact sur les réseaux sociaux, on est passé de son mur… à son salon ! Vous savez ce que ça fait d’aller voir son idole en concert ? Ben là c’était un peu la même chose avec Tug (même s’il n’a pas chanté – quoique). Avec lui, on a découvert un peu beaucoup de la vie nocturne de la capitale (ça faisait tellement longtemps qu’on était pas sorti !). Mais, désolée, on a promis: ce qui se passe à Phnom Penh reste à Phnom Penh ! [tweetthis twitter_handles= »@ACWorldTour cc @visa_pour »]Ce qui se passe à Phnom Penh reste à Phnom Penh ![/tweetthis]

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On a pu mangé des gnocchis au pesto, des gnocchis aux quatre fromages et des spaghetti (seuls ceux qui n’en ont pas vu depuis des lustres peuvent comprendre). On a rencontré ses amis, dont une star de télé locale. On a pas eu à négocier le prix des tuc-tucs, il l’a fait pour nous, et en khmer en plus. On a bu un verre sur le toit-terrasse d’un bar chic. Et on a déambulé dans la ville…

On a visité le palais royal (environ 6,50$ par personne), magnifique !

Enfin, avec Tug, on a aussi été plus sérieux.

On a visité un temple, et je lui ai posé des questions sur les moines; Adree sur la photo.

Et puis on a aussi visité le temple de la Honte.

L’école transformée en prison de l’Enfer. Les salles de classe devenues cachots. Et les leçons, des tortures. Des vraies.

On a  visité S-21, Tuol Sleng,  le musée du génocide khmer (3$ l’entrée, qui participent au paiement des procès toujours en cours). J’avoue que j’aime pas tellement cette appellation de musée. Comme si c’était de l’Histoire ancienne, classée, terminée. Comme si on venait juste en admirer les vestiges. Dans les différents bâtiments, quatre en tout, il ne reste plus grand-chose; si ce n’est l’âme de 20 000 martyrs. Un lit de fer et des menottes. Des fils barbelés. Des cachots bruts, étroits. Des menottes.

Des traces de sang sur les carreaux.

Des panneaux aussi, qui racontent avec des mots. Et des photos. Des milliers de portraits pris par les bourreaux. Des milliers de putains de photos.

Des hommes, des femmes, et des enfants. Nourris comme des bêtes dans le pire des zoos. Arrosés au jet d’eau, à travers les barreaux, pour la douche, une fois par semaine, souvent moins. Torturés jusqu’aux aveux, vrais ou faux, peu importe. Puis l’exécution, si le prisonnier n’a pas succombé à ses blessures.

Une salle de projection pour prendre connaissance d’un reportage surréel, qui interrogent les bourreaux et cherche à savoir pourquoi. Des bourreaux eux-mêmes victimes, puisque c’était obéir ou la mort. Déshumanisés pour survivre. Lobotomisés. A la question: »mais les enfants ? pourquoi les enfants ? », il n’y a pas vraiment de réponse. Les ordres étaient les ordres. Si on leur disait que leur mère ou leur frère faisaient partis des ennemis, ils devaient le croire et agir en conséquence. Des robots.

Ces photos de corps martyrisés. Et ces portraits ! Parfois presque souriants, par défi ou ignorance de ce qui va suivre ? Toutes ces paires d’ yeux qui dénoncent, qui accusent. Les Occidentaux qui sont venus et n’ont rien (voulu voir) vu. Qui ont cru Pol Pot. Ces mêmes crimes qui continuent, ailleurs, cette fois connus de tous, mais pas stoppés pour autant.

7 survivants à la libération du camp.

Et ces touristes qui viennent en masse chaque jour, gardent le silence assez respectivement, puis s’assoient sur un banc, à l’ombre, parce que qu’est-ce qu’il fait chaud, et qui parlent d’autre chose.

Qui parlent d’autre chose.

Pourtant le peuple garde le sourire. On dit de la Thaïlande que c’est le pays du sourire, mais on n’est pas d’accord; pour nous c’est bel et bien le Cambodge. Ce sourire qui s’affiche devant tous les étrangers. Le sourire des enfants, souvent. Mais des adultes, aussi. Pour demander timidement une photo. Pour simplement saluer, sans arrière-pensée: voilà qui change de la Chine ou du Vietnam. Ce n’est peut-être qu’une impression, mais on s’est moins senti comme des pigeons.

Un sourire difficile, mais salvateur.

On ressort de S-21 pas totalement comme on y est entré, évidemment.  Avec plus de tristesse et de colère envers l’être humain en général; et plus d’admiration pour le peuple khmer en particulier.

Découvrir… Apprendre… Comprendre… en tout cas essayer. Un chiffre terrible. Un pan de l’Histoire trop ignoré par chez nous.

Notre week-end chez Tugdual se termine.

On repart, toujours empreints de curiosité et d’impatience, pour cette fois-ci Siem Reap et les temples d’Angkor.

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5 Comments

  1. Tout est dans le titre mais pourtant vous nous sortez un joli article.
    À nos yeux, les meilleurs visites sont celles accompagnées des locaux où des gens qui connaissent la ville. Alors avec un idole ça devait être juste inoubliable ! Aucune anecdote de vie nocturne à raconter? vraiment? 😉

    Pour ce qui est de la deuxième partie, nous n’avons pas visité le musée pour plusieurs raisons donc merci pour ces photos et ce récit. Nous avons ressenti leur histoire à travers notre hôte pendant notre dernier volontariat dans le sud du Cambodge. Une façon de vivre et des sourires qui reflètent un passé douloureux et pourtant si récent.

    • Merci pour le compliment. Effectivement c’est un séjour inoubliable en tous points de vue ! Ce peuple a une force de vivre formidable.

  2. Montrer dans toute son horreur ce que des hommes peuvent faire : au Cambodge, en Afrique , en Europe à travers les siècles, on retrouve cette inhumanité insupportable et pour essayer de ne jamais plus le refaire !

  3. C’est une belle rencontre que vous avez faite. Et ça devait être vraiment bien d’avoir un guide 🙂 pour les khmers c’est vraiment triste, c’est bien de nous en avoir parlé. Je sais pas si j’aurai pu rentrer dans le bâtiment moi…. bisous

  4. NINJA

    Bonjour tous deux. De retour de vacances, je m’empresse de reprendre votre carnet de voyage.
    Phnom Penh, je comprends votre joie et votre tristesse. J’ai vu tout ce documentaire de l’école de la honte et j’avoue que cela nous met vraiment à mal. Après ça, on n’a pas envie de le visiter. C’est très éprouvant. Bonne continuation pour votre voyage. Bises.

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