Interview de Tugdual, expatrié au Cambodge

Dans cette rubrique nous proposons une autre vision du monde en laissant la parole aux expatriés rencontrés dans les différents pays que nous avons traversés. En fonction des rencontres et des opportunités, nous essayerons le plus souvent de vous proposer des interviews de français expatriés.

Bonjour ! Peux-tu te présenter ?

Hello Claire et Adrien 🙂 Je m’appelle Tugdual, j’ai 25 ans et je suis originaire de Bretagne. J’ai grandi près de la mer, dans une superbe petite station balnéaire des Côtes d’Armor, Pléneuf Val-André. Ma vie était rythmée entre l’école, la plage et l’équitation, une institution dans la famille que j’ai pratiqué sérieusement jusqu’à mes 18 ans. Une enfance plutôt cool et beaucoup de bons souvenirs en soit. J’ai quitté ma région pour continuer mes études, vers le sud de la France puis vers l’étranger, là où j’ai pu prendre conscience de la diversité de notre monde et cultiver une nouvelle passion : le voyage.

Pourquoi as-tu choisi l’expatriation ?

J’ai toujours été d’une certaine manière fasciné par les livres d’aventures, et autres fictions ou documentaires qui m’ouvraient des fenêtres sur l’inconnu. De là à dire que je rêvais d’expatriation plus jeune, non je ne crois pas. C’est l’université qui m’a vraiment catapulté vers le status d’expatrié. D’ailleurs, je n’avais jamais vraiment mis les pieds en dehors de France avant cela. Puis j’ai participé au programme Erasmus. Je me suis retrouvé sur un coup de tête tout proche du cercle polaire, en Finlande. Une année formidable et une expérience que je recommande à tout ceux qui en ont l’opportunité. Au final, ce séjour chez le Père Noël ne fut autre qu’une révélation. J’avais vingt ans, j’aimais mon pays de tout mon coeur, mais la France allait devoir attendre, car j’avais rencart avec la planète. Différents stages, différents voyages, 4 années plus tard, je signais un contrat pour mon premier emploi en Asie, au Cambodge.

Pourquoi avoir choisi le Cambodge ?

J’y avais manqué de peu une offre de stage pour me concentrer sur la Nouvelle-Zélande à la place. Ce n’était tout simplement pas le moment, et j’avais alors des envies d’Asie plus que de Cambodge en particulier. Un an et demi plus tard, je prépare ce fameux séjour asiatique dont je rêvais tant, et au file de mes recherches, le Cambodge sort du lot. Ses temples et son côté très rural m’attirent, sans parler de la possibilité d’y découvrir quelques jolis plages tropicales. Le trio gagnant, je réserve un billet d’avion. Après quelques semaines dans les pays voisins, j’arrive finalement au Cambodge. Désillusions. Ce pays, je l’ai d’abord détesté. Vraiment. J’avais même failli le quitter après seulement quelques jours. Puis, comme toutes ces choses de la vie qui ne sont jamais bonnes la première fois, le Cambodge est devenu de plus en plus intéressant au fil du voyage. J’ai arrêté de suivre le circuit que je m’étais initialement prévu et j’ai laisser place à l’imprévu. Un mois plus tard, je crois que j’en étais « tombé amoureux ». Il n’y a pas d’explication rationnelle là-dedans. Je m’y suis sentis bien, plus qu’ailleurs, c’est tout. De retour en France, mon diplôme en poche, j’entends parler d’une offre à Phnom Penh dans mon domaine d’activité. J’envoie un CV, une lettre de motivation, et même une vidéo pour leur montrer mon engouement pour le pays. Trois entretiens plus tard je faisais de nouveau mes valises en direction de l’ancienne Perle de l’Asie.

Quels sont les points positifs et les points négatifs par rapport à ta vie en France ?

C’est une question compliquée, et j’ai du mal à opposer les deux. C’est un peu comme choisir entre du chocolat noir ou du au lait si vous voyez ce que je veux dire. Globalement, j’ai aimé la simplicité de la vie au Cambodge. J’avais une bonne situation, un bon job, des amis, une ouverture sur une culture à des années lumières de la nôtre, sans pour autant jamais vraiment manquer de tout le confort occidental auquel j’ai été habitué. Le tout sous le soleil toute l’année. C’était un peu comme le ticket d’or de Willy Wonka, pour continuer dans le chocolat. Au final, j’y ai réellement vécu une expérience « hors norme » à mon niveau, réalisant des projets que je n’aurais même pas imaginé quelques années auparavant. C’était excitant, je ne manquais de rien, j’y étais heureux. Malgré tout, qui me dit que ma vie en France n’aurait pas été aussi excitante elle aussi si je n’étais pas parti ?

Est-ce que tu penses revenir vivre en France un jour ?

Et bien j’y suis actuellement ! Je viens de rentrer en France. Non pas que j’en avais assez du Cambodge, mais je souhaite évoluer professionnellement et faire le point sur ma vie privée, pas toujours facile à maîtriser lorsque l’on déménage tous les 18 mois. J’ai donc démissionné, et avant de rechercher un nouveau contrat, je m’offre quelques vacances dans l’hexagone puis chez l’Oncle Sam. Ensuite, la prochaine aventure est loin d’être définie. En France, ou ailleurs, qui sait ? Je pourrais néanmoins tout à fait rempiler pour quelques années supplémentaires au Cambodge si l’occasion se représentait.

As-tu quelque chose à rajouter ?

Merci de m’avoir contacté pour cet interview. Pour revenir sur le Cambodge en lui-même, qu’il s’agisse d’une expatriation ou d’un simple séjour, c’est une destination qui ne laissera personne indifférent, si tant soit peu qu’on lui donne une chance dans sa différence tout comme dans sa pluralité. Parole d’un expat’ plus du tout objectif sur son pays d’accueil qu’il considère comme une seconde maison 😉

Merci Tugdual d’avoir pris le temps de répondre à nos questions !

N’hésitez pas à aller faire un tour sur son blog Visa Pour et découvrez ses conseils et ses photos sur le Cambodge, mais aussi sur les autres pays qu’il a visité.

Vous avez d’autres questions à poser à Tugdual sur sa vie au Cambodge ? Ecrivez-les ici en commentaire, il vous répondra !

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One Comment

  1. Un commentaire très intéressant sur l’expérience d’un expatrié qui aime son pays, mais sait travailler, accumuler les expériences dans divers pays et en apprécier les différences et la beauté de chacun.Bravo !

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