Ho Chi Minh City and pick-pocket

On part de Mui Né sans regret. Bus VIP couchettes, même si c’est un bus de jour, avec bouteille d’eau et lingette rafraîchissante chacun. On débarque à Ho Chi Minh Ville, ex-Saïgon, dans l’après-midi.

Les Khmers, premiers habitants des lieux, désignaient cette ville sous le nom de Prey Nokor, toujours d’usage pour les Cambodgiens. A l’arrivée des Viets, au XVIIe siècle, la ville prit le nom usuel de Sai Gon, désignant la rivière du même nom, tandis que le nom officiel, en usage jusqu’à la colonisation française, était Gia Dinh. Les Français l’appellent « Ségon » jusque dans les années 20. Pendant ensuite vingt-cinq ans ce nom sera associé à Cholon, la ville limitrophe à forte communauté chinoise, avec laquelle elle sera fusionnée : Saïgon-Cholon; avant de reprendre le seul nom de Saïgon (et Cholon devient le quartier chinois). Finalement, le 2 juillet 1976 les vainqueurs communistes imposent le nom actuel en hommage à Ho Chi Minh. C’est la plus grande ville du Vietnam et son poumon économique, devant Hanoï, la capitale.

Notre hôtel est excentré mais on trouve facilement la gare des bus de ville. Et là, pour la première (et dernière) fois, le personnel est charmant, nous procure d’office un plan des lignes de bus et nous indique celui qu’on doit prendre ! On est joie. On met près d’une heure à rejoindre l’hôtel. On est fatigué.

Dans notre rue, différents boui-boui présentent des poulets plumés, comme souvent, et… des carcasses de chiens embrochés ! Nos coeurs d’humains se retournent, nos ventres de végétariens aussi. L’ambiance est glauque, d’autant plus qu’on n’est pas dans un beau quartier.

Le lendemain on prend notre mal en patience et le bus pour aller au centre-ville. Je regarde autour de moi et me demande comment font les femmes en particulier pour être autant couvertes par cette chaleur. Un chapeau, souvent une sorte de cagoule, un gilet, un pantalon, des chaussettes dans les tongs. Pas de fashion victims ici. En Asie la peau blanche est valorisée, mais pour moi ne serait-ce que porter un t-shirt au lieu d’un débardeur est un gros effort par 35°C. Les manches ont même une extension qui couvre les mains. Pas d’auréole sous les bras. Et nous on sue à grosses gouttes.

Dans le parc du centre-ville, il y a comme un air du pays, con ! Des hommes jouent à la pétanque, à notre grand étonnement. Il faut dire que lorsque la France est venue s’installer au sud du Vietnam, les liaisons maritimes reliaient Marseille à Saïgon, et les marseillais venaient jouer aux boules et boire du pastis dans les cafés français de la ville. Les deux sont restés !

On visite le musée de la ville (environ 1€ !). On s’exclame devant la Poste, un sacré monument aux briques toulousaines, et dont l’imposante charpente métallique à été dessinée par Gustave Eiffel en personne. A l’intérieur trône Ho Chi Minh. En face de la Poste, la Cathédrale Notre Dame de Saïgon, construite par les Français de 1877 à 1880.

Sur le parvis un groupe d’étudiants nous aborde pour une interview, comme à Pékin ! On leur répond avec plaisir mais ils sont aussi timides que les Chinois. Le jour suivant c’est mission visa cambodgien. On décide ensuite de partir pour l’île de Phu Quoc ! La chaleur est écrasante, il nous faut une plage !

Comme les trajets en vans sont vraiment laborieux (pas de train) avec des routes complètement défoncées (car pas terminées) et une conduite aléatoires, toutes les distances sont longues et fatigantes. Comme si cela ne suffisait pas, le chauffeur fait office de livreur, et s’arrête pour récupérer ou déposer des colis qui s’entassent avec nous… Bref, le trajet jusqu’au port de Rach Gia, on va l’entrecouper par une nuit à Vinh Long, à Can Tho et enfin Rach Già.

On prend donc le bus direction la gare routière. Il est presque vide, je garde mon sac à dos et m’assois de côté, occupant deux places. A un arrêt, une femme monte et vient vers moi. Elle me fait comprendre qu’elle veut s’assoir à côté de moi. Je me lève pour la laisser passer, tout en marmonnant « comme si elle pouvait pas se mettre ailleurs ». Le bus se remplit peu à peu. On arrive à notre arrêt, on se lève, on est un peu collé les uns aux autres. Les portes s’ouvrent enfin, je sens la femme faire du forcing pour descendre en premier mais elle ne peut pas passer. Je descends du bus et en même temps je me rends compte que la poche à zip au niveau de ma cuisse est bien légère… alors qu’il est censé y avoir mon porte-monnaie à l’intérieur ! Un coup d’oeil : la poche est ouverte et… vide. J’alerte Adree et instinctivement me retourne pour saisir le bras de la femme, en train de s’esquiver. Et là, tout va super vite. La femme se met à crier. Immédiatement un homme intervient et se met à lui crier dessus ! Il empoigne son sac, on regarde à l’intérieur, la femme crie toujours, on ne voit pas mon porte-monnaie. Alors là l’homme l’empoigne par la nuque et la jette sur un des motorbikes qui nous entoure ! Tout le monde autour de nous se met à participer aux cris !

Qu’est-ce qui se passe?! L’homme nous dit de le suivre, monte lui-même sur un scoot et tous les deux s’en vont. Les badauds s’y mettent aussi, « go, go« , alors ni une ni deux, je me retrouve sur un motorbike avec mes deux sacs. Adree monte aussi sur un scoot, mais le gars n’arrive pas à démarrer. Il me regarde partir sans lui et commence à se faire du souci. Sur le scoot, mon chauffeur ne perd pas le nord et me fait comprendre qu’il faudra le payer.

Ben là j’ai plus un rond, faudra être patient, hein.

– We go to the police ?

– Yes !

On roule quoi, 500 mètres à tout casser, et nous voilà au poste. La femme râle toujours, on me dit de m’asseoir. Ca parle dans tous les sens. Adree arrive enfin, rassuré. On me demande d’écrire ce qui s’est passé, pas facile je me rends compte que je tremble ! On essaie de remettre nos idées en place pour décrire correctement ce qui s’est passé en anglais. Le policier le traduit ensuite dans sa langue. Pendant ce temps, l’homme qui nous avait demandé de le suivre est en train de faire une déposition lui aussi ! Quand il en a fini, on arrive pas à savoir ce qu’il a écrit, mais on présume qu’il a dû voir la voleuse en action… On le remercie d’avoir pris le temps de témoigner. Entre-temps la femme a été emmenée ailleurs. Une fois la déclaration terminée, on demande au policier une copie, un reçu de tout ça. Et là pendant au moins un quart d’heure il nous demande pourquoi on veut ça, que c’est pas possible. Nous on comprend pas son refus. Adree commence à trouver ça louche. Il nous demande une adresse au Vietnam, on ne peut donner que celle de l’Ambassade. Une collègue vient s’y mettre aussi, mais elle nous parle carrément avec le traducteur de son portable qui n’est vraiment pas terrible. Ca devient n’importe quoi. Ils demandent combien on a d’argent sur nous, on répond rien. Finalement on nous dit que la femme a avoué ! On patiente. On nous demande de dire exactement les coupures qu’il y avait dans le porte-monnaie.

Par chance j’avais recompté juste avant de partir, et c’était facile à retenir. Puis on vient nous dire qu’ils ont trouvé l’argent, mais sans le porte-monnaie. Et les voilà qui nous ramènent les 700 000 dongs. Mais je tilte de suite en voyant les billets : les nôtres étaient pliés en trois pour pouvoir entrer dans mon petit porte-monnaie. Même si les billets vietnamiens sont plastifiés, ceux-ci me paraissent un peu trop plats et lisses… mais peut-être que je me trompe ? Enfin, ça fait deux heures et demi qu’on est là, on a notre argent, tout va bien ! On essaie de savoir ce qu’il va advenir de la femme mais on a pas vraiment de réponse. On est pressé de partir, mais eux ne veulent plus nous lâcher et n’arrêtent pas d’en faire des tonnes à coups de « on espère vous revoir au Vietnam », etc. Ca devient limite lourd, on en a marre, on abrège. C’est qu’on a encore un car à prendre ! Drôle d’histoire qui finit bien…

A Can Tho, la femme de notre guest house veut à tout prix nous vendre son tour sur le Mékong pour voir le marché flottant, le lendemain matin, alors qu’on doit repartir. Le Mékong, on y a jeté un oeil, et ce qu’on a pu en voir ne nous a pas donné l’envie d’aller y faire un tour. Encore une poubelle ! Les bords n’étaient pas entretenus et des déchets flotaient sur l’eau, au milieu des pêcheurs… Pas de regret.

A Rach Gia, arrivé au port, surprise: les rabatteurs nous annoncent que tous les billets ont été vendus ! On va vérifier au guichet : fermé. Super. Un des rabatteurs nous dit qu’il faudra revenir le lendemain, qu’il y a beaucoup de demandes parce qu’on est à la veille du week-end, et que… même au marché noir il n’y a plus de place. Bon. C’était pas prévu de passer une nuit ici mais on a pas trop le choix… et puis, bien-sûr, notre rabatteur a un hôtel à nous conseiller. On le suit, il est à deux pas du port, 10$ la nuit, ça nous va. On paie et là, subitement, notre rabatteur semble se souvenir qu’il y a un autre guichet où l’on peut acheté les billets pour demain ! Il nous emmène juste à quelques mètres de l’hôtel… Là non plus on est pas sûrs d’avoir tout compris… on ne sait pas si les billets sont au tarif normal ou non. Tant pis, on paie 340 000 dongs par personne, et le lendemain,

on embarque enfin pour l’île de Phu Quoc !

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10 Comments

  1. Vraiment très bizarre cette histoire .. Vous avez dû payer le chauffeur et les flics à la fin ?

    • Non! Les chauffeurs n’ont en fait pas attendu et les flics…pas question !

  2. quelles histoires!!!! Heureusement tout a bien fini pour vous 🙂

  3. D’après les photos ça a l’air d’être une belle ville. Dommage pour la saleté et la mésaventure dans le car, vous vous en êtes bien tirés ! Les vietnamiens semblent honnêtes et n’ont pas hésité à vous défendre et vous accompagner ! La police me laisse sceptique ?

    • Mouais, nous aussi…

  4. COUCOUHELLO

    Que de tracas et d’émotion. Heureusement tout c’est bien terminé. Votre voyage m’a fait revivre le mien. J’ai vu tout ce que vous avez visité et cela laisse de bons souvenirs. Les eaux du fleuve, c’est sure, je ne m’y baignerai pas dedans. Cette années pour les vacances, je pars me déconnecter de tout, presque 2 mois chez Thierry. Grosses bises et bonne continuation.

    NINJA

  5. Je ne sais pas comment nous aurions réagi mais ce genre d’histoire me fait un peu stressé. Nous arrivons très bientôt au Vietnam et vous n’êtes pas les premiers a faire un article sur ce genre d’aventure … Vol / Arnaque :/
    Nous voyageons depuis presque un an et nous n’avons jamais eut ce genre de problème.
    L’avez vous vécu dans d’autre pays ou juste le Vietnam ?
    Merci de partager cet expérience en tout cas, nous ferons attention et nous saurons comment réagir 🙂

    • Salut Guillaume !
      En effet on avait aussi entendu dire que Ho Chi Minh craignait… Je m’étais dit que cette poche si quelqu’un l’ouvrait, je le sentirais ! Eh ben non ! Comme quoi… Sinon c’est à ce jour la seule mésaventure qui nous soit arrivée.

  6. C’était vraiment une histoire de fou ce coup de pickpocket…

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