Pékin, capitale du nord de la Chine

Pékin express (ou pas)

Nous sommes donc à Erlian, après avoir enfin passé la frontière chinoise. Nouvel objectif : rallier Pékin.
On ne fait que quelques pas dans cette ville mais on se rend déjà compte des différences d’avec la Mongolie: c’est plus calme (comparé à Oulan Bator) et on comprend vite pourquoi, tous les deux roues sont électriques ! Pas un bruit, ça soulage. Mais en même temps c’est traître, car on ne les entend pas arriver si on ne les voit pas…

On découvre également notre nouvelle monnaie : le yuan (1 € = 7 ¥ environ. Attention à ne pas confondre le billet de 5 yuans et le billet de 5 wu jiao qui correspond à 5/10 yuans. Au moment où on y était les pièces et les billets de 1 yuan avaient cours tous les deux partout dans le pays mais les billets tendent à disparaître. Et enfin vous verrez toujours affiché le prix en RMB qui veut dire renminbi, soit la monnaie du peuple de la République de Chine).

A la gare ferroviaire, on nous fait de grands gestes l’air affolé : pas de train pour Pékin.
On se dirige alors à la gare routière où on trouve finalement un car-couchettes pour faire le trajet (220¥ par personne). Un car-couchettes, moi je trouve ça trop fun ! Etre dans son lit et voir le paysage défiler, j’aime bien. Enfin, les lits sont au format standard chinois (plutôt petit), mais heureusement que j’ai une couchette du fond, car sinon j’aurais eu du mal à entrer dans le « cocon » ! Pour Adree, c’est une nuit blanche qui s’annonce…

L’arrivée est prévue à 4 heures du matin, mais on nous dit qu’on pourra rester pour dormir jusqu’à 9 heures ! Plutôt sympa.
On roule toute la nuit, et vers 7 heures, il y a du bruit et plus ou moins tout le monde descend.
On est à Pékin ! Cette ville, ce pays qui jusqu’ici était pour nous « à l’autre bout du monde« … on y est !

Centre politique et culturel de la Chine, Pékin est, avec ses 20 millions d’habitants, la deuxième ville a plus peuplée du pays après Shanghaï.

En sortant de la gare on s’arrête pour acheter une carte SIM (voir notre page sur les cartes SIMs dans le monde) et on part à la recherche de notre hôtel perdu dans un hutong.
« Hutong » est un mot mongol qui signifie « puits ». Il y a plus de 700 ans, les résidences étaient construites en fonction des puits disponibles. Petit à petit les hutongs se sont formés, en constituant d’étroites ruelles.
Ces ruelles c’est toute une ambiance de petits commerçants ou vendeurs ambulants, pédalant sur leur tricycle en faisant jouer leur clochette… Des odeurs alléchantes d’une nourriture qui nous est alors inconnue et qui soudain à un coin de rue se retrouvent mélangées à celles des toilettes publiques…
Des toilettes publiques gratuites (à la turque ou mongole, au choix), que l’on trouve aisément absolument partout (info vitale pour toutes les petites vessies) ! A tel point qu’on s’est dit qu’il ne devait pas y avoir de toilettes dans les habitations…

A l’accueil, le réceptionniste nous dit que l’hôtel est complet. Manque de bol pour lui, j’avais justement vu sur un site de réservation en ligne qu’il y avait de la place, on sort et je réserve illico (merci la carte SIM !) On retourne à l’accueil, genre les clients boulets, « C’est bien ici ? » en lui montrant la résa. Il nous file notre chambre, un dortoir pour quatre mais on a de la chance, on est seul… vachement complet !

On passe les deux jours suivants à visiter la ville.

Le Temple du Ciel

Construit de 1406 à 1420, il est initialement appelé Monument du Ciel et de la Terre. Il symbolise la croyance chinoise que la Terre est carré et le ciel rond ! Il fut inscrit à la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO en 1998.

Il est situé au centre d’un grand parc agréable à traverser.
C’est là-bas qu’on se fait accoster pour la première fois par un groupe d’ados qui nous demandent, tous timides, si on peut répondre à leurs questions. On accepte, et les voilà nous demandant notre avis sur Pékin, la nourriture chinoise, la Chine… On tente de répondre en leur précisant qu’on vient d’arriver. On essaie quand-même de glisser qu’on est français et qu’on voyage sur le long terme, mais apparemment ils se contrefichent de savoir d’où on vient, ce qui les intéresse c’est qu’on soit pas bridé, point !
Quelques instants après ce sont deux Chinoises qui nous demandent de prendre une photo avec elles ! Au début j’ai cru que c’était juste avec Adree, mais finalement, elles ont bien voulu de moi aussi, namého !
Ces deux rencontres nous ont bien fait rire, c’était la première fois qu’on attirait l’attention comme ça. La première fois mais pas la dernière… oh que non !

Le Temple des Lamas

Temple bouddhiste tibétain, c’est le plus grand de la ville.
En anglais, Lama Temple. Lama Temple, Lama Temple… Honte à nous, on se demandait ce que venaient faire les lamas là. Et puis d’un coup, on a eu l’illumination : lama, pas comme Serge ou l’animal, mais plutôt comme le Dalaï bien-sûr ! Ca nous a aussi permis d’apprendre le mot « lamaserie »: monastère bouddhiste tibétain où exercent des moines et des lamas. Bon.

La Cité Interdite

Appelée aussi Musée du palais, son nom complet est la Cité Pourpre Interdite. Mais pourquoi interdite ? Eh bien parce que du temps où elle servait de résidence aux empereurs chinois (24 en tout), son accès était interdit au peuple. Il n’avait même pas le droit de la regarder ! Aujourd’hui le peuple s’est bien rattrapé puisque c’est le site le plus visité en Chine. La Cité Interdite abrite aussi le plus grand musée du pays, contenant plus d’un million d’oeuvres.

Sans avoir calculé notre coup, on choisit de la visiter un dimanche ! Autant dire que ce n’est pas le jour idéal… Nous voilà dans la foule de touristes, chinois pour la plupart, passant les contrôles de sacs à la queue leu-leu (deux contrôles, un pour la place Tian An’Men, un pour la Cité). Ca prend du temps ! On fait quand-même partie des premiers à entrer, avec les groupes de touristes occidentaux et chinois. On remarque qu’ils font la visite en passant toujours au centre, alors on passe sur les côtés, il y a beaucoup moins de monde ! L’endroit est impressionnant par sa taille, mais ça ne nous a pas non plus estomaqué.

A la sortie se trouve le parc Jingshan. Pour 2 yuans, vous pouvez grimper en haut de la colline du Charbon, et avoir une super vue sur la Cité. Cette colline a été créée artificiellement pour que la Cité Interdite respecte le principe feng shui, d’être située au sud d’une montagne.

En se dirigeant vers la sortie, on croise de nombreux Chinois en train de danser, chanter, jouer aux dames…

Le Palais d’Eté

Faisant partie du patrimoine Mondial de l’UNESCO depuis 1998, il est qualifié « d’expression exceptionnelle de l’art du jardin paysager chinois intégrant réalisations humaines et nature en un tout harmonieux ».
Cet endroit est magnifique et nous a conquis, d’autant plus qu’on l’a visité en fin de journée avec le soleil couchant.

Le marché nocturne

En déambulant un soir, on tombe dans LE quartier luxe. Et dans un recoin, sur l’avenue Wangfujing, une foule qui se piétine… le fameux marché de nuit ! Ambiance garantie ! Découverte (et haut-le-coeur) de spécialités culinaires plus ou moins avérées… Hippocampes, scorpions, mygales, il y en a pour tous les (dé)goûts ! Voyez plutôt :

Tianjin, ville fantôme

Le troisième jour, comme le temps est couvert, on décide de visiter une ville proche de Pékin : Tianjin ! On en avait jamais entendu parlé, mais ça nous a semblé sympa. A 30 minutes de train, ça valait le coup de passer la journée là-bas !
Tianjin est la quatrième ville du pays en terme de population (plus de 14 millions d’habitants).
On prend le fameux TGV Chinois, le CRH ( Chinese Railway Highspeed ) qui peut rouler à plus de 200 km/h (180 pour ce trajet).

A travers les fenêtres, de la neige. Rien ne transparait. Brouillard et pollution ne font plus qu’un, laissant les fenêtres opaques. On commence à se demander ce qu’on est venu faire là, c’est pire qu’à Pékin !
En sortant de la gare, en plein centre-ville, on a l’étrange impression d’être dans un film de sciences fiction.
La fin du Monde.

On devine l’horizon.
Les fumeurs se fondent dans la brume, comme consumés par leurs clopes.
On est horrifié et déçu. On ne voit rien et on n’ose pas respirer. On essaie d’y mettre du nôtre, de deviner la ville qui doit être sympa si on arrive à la voir.

On reprend le train en début d’après-midi.

Retour à Pékin

A l’hôtel on a rencontré Zhaohua, une Chinoise qui revenait de trois mois aux Etats Unis. Elle restait à l’hôtel le temps de trouver un appart’. Elle parle un peu français, et du coup vient taper la causette avec nous.
Elle nous dit que Pékin c’est bien pour travailler, mais pas pour y vivre. Nous, on est que de passage et on aime bien cette ville. Je crois que ce qui nous a plu dès le début, après la Mongolie, c’était de nous retrouver dans une ville et un pays différents, mais modernes. Et ce qui nous a encore plus plu, c’est que cette ville est moderne comme une ville européenne, mais aussi, à l’opposé, totalement vieille et traditionnelle dans certains quartiers…

Oui on aime les extrêmes. On kiffait être seuls au monde au milieu de nulle part dans la steppe mongole mais on est aussi terriblement séduit par le côté ultra moderne d’une ville.
Zhaohua a la gentillesse de nous renseigner, nous servir de guide et elle nous fait rire par ses réactions dignes d’un enfant. Elle a quand-même eu le cran de partir 3 mois à Boston. Elle a aimé ce monde si différent même si elle a eu peur au début. Elle a 27 ans mais en parait dix de moins.

Elle m’offre une fourchette, moi qui suis frustrée depuis le début de ne pas savoir utiliser les baguettes. Une fourchette qui devient ma meilleure alliée. Adree, bien-sûr, se débrouille comme un natif avec ses baguettes.
Zhaohua nous emmène dans un resto goûter à des dumplings, spécialité chinoise, ces sortes de raviolis qui nous rappellent d’autres spécialités : polonaises, lituaniennes, russes
Il y a une famille à la table à côté de la nôtre qui a un bébé trop mignon. Zhaohua dit qu’elle préfère les bébés occidentaux avec leurs yeux tout ronds. Une remarque qui pourrait passer inaperçue mais qui va sonner le point de départ de ce qui suivra pendant deux mois : une quasi fascination envers nous, non pas parce que c’est nous, mais simplement parce qu’on est occidentaux.
Zhaohua traduit aux parents mes compliments et les voilà qui commencent à nous parler (par l’intermédiaire de Zhaohua) et finissent par nous demander une photo (qu’est-ce que je vous disais)!

A ce stade ça nous amuse encore.
Comme on a la chance d’avoir une interprète sous la main, Adree en profite pour aller chez le coiffeur ( pour 20 yuans, moins de 3 euros, c’est tentant !). Du coup je craque aussi, mes pauvres pointes n’ayant pas vu de ciseaux depuis des lustres !

On aime Pékin et ses rues, mais on a aussi très envie de se balader ailleurs… sur la Grande Muraille par exemple ! Je fouine sur Internet pour essayer de trouver des infos. Grâce à l’expérience d’autres voyageurs comme Novomonde et Ad-ventures, je trouve les coordonnées d’une famille qui accueille les touristes aux pieds de la muraille, sur un tronçon peu touristique. Comme la famille ne parle que chinois, Zhaohua nous sert d’intermédiaire et les prévient de notre arrivée.
On fait nos adieux à notre super copine, car au retour de la muraille on cherchera un autre hôtel, et elle espère qu’elle aura trouvé son appart’.

Le lendemain c’est parti pour la Grande Muraille de Chine !

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10 Comments

  1. Très bon reportage, très instructif. On découvre à travers vos yeux et vos impressions une ville fascinante, dynamique et très vivante ! De belles photos, on voyage avec vous !

  2. Ton article me replonge dans les souvenirs de mon propre séjour à Pékin…

  3. Vous avez eu beau temps à Pékin ! On a eu de la chance aussi sauf pour la cité interdite, notre photo sur la colline au charbon à un arrière goût de smog 😀 … quelle horreur cette pollution !! Avez-vous téléchargé l’appli Air Quality ? A force de traverser les villes, on voulait voir un peu dans quelle tranche de pollution on se situait… on s’est fait bien peur !!
    Génial pour le bon plan sur la Muraille ! Je ne savais pas que vous l’aviez fait aussi, c’est cool ça !! On s’était bien régalés en tout cas, quel bonheur d’être tous seuls pour un coucher de soleil qui définitivement restera gravé dans nos p’tites têtes ! On est impatients de lire votre prochain article 🙂

    • Salut, merci pour ton com’ ! En fait on a eu que deux jours de ciel vraiment bleu… On connaissait pas cette apli mais je me doute que ca doit faire peur !…et à Tianjin je t’en parle pas… L’article sur la muraille arrive bientôt ! 😉

  4. Reportage copieux, fourni en textes, en photos et même en vidéo!
    De chouettes photos du bout du Monde, qui conjugue inquiétude et émerveillement.
    Adrien a l’air à l’aise entre ses deux appareils pour les photos, et réussit de sacrées belles prises.
    Bravo à tous les deux pour ce reportage bien mené !
    GG.

  5. Oui, je crois bien que c’est un de vos articles les plus complets! Nice job Clarinette!
    Pourquoi Adree a-t-il fait nuit blanche dans le car?
    Les photos sont magnifiques! Autant que le smog est terrifiant!
    Vous avez pas tenté les brochettes du marché de nuit?
    Big bisous!

    • Merci Benji, on s’est appliqué pour vous faire voyager au mieux. 🙂
      Je sais pas pourquoi mais pour moi, impossible de dormir dans un car. J’ai déjà du mal dans les trains alors là…
      Les brochettes d’insectes, comment dire, autant avant d’y être je m’étais dit que quand même, il fallait tester ça ! Mais quand t’es devant, c’est pas la même ! :p

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