La ville de Kharkhorin: musique et temples mongols

Nous quittons nos chevaux et la cascade d’Orkhon. Nous voila en route longeant la vallée du même nom et traversant le parc national de Khangai Nuruu. Cette fois nous prenons la direction de Kharkhorin, ancienne capitale de la Mongolie au 13e siècle, époque du règne de Gengis Khan et du plus grand empire de l’Histoire.

Titskie nous avait dit qu’on pourrait prendre une douche dans le camp de yourtes pour touristes. La première depuis qu’on est parti ! Mais une fois sur place, les douches sont fermées. Comme il est tard, on verra le lendemain. On est plus à un jour près, hein !
Dans la yourte, pas de surprise : elle est assez fidèle à ce qu’on a pu voir en contexte réel, à part que les lits sont peut-être un peu plus souples. Et on a droit à des couvertures supplémentaires ! Après s’être installé, on nous propose un mini concert privé. On comprend que c’est un chanteur et musicien Mongol qui propose de venir jouer pour nous dans la yourte. J’ai un peu peur d’une bouffonnerie pour touristes, on se concert-te et finalement on dit oui.
Pendant ce temps le poêle tourne à fond, on se met à l’aise en t-shirt.
Un peu plus tard arrive donc un vieux monsieur en habit traditionnel avec ses instruments. Très sympa, il parle plutôt bien anglais. Il nous demande d’où on vient, papote un peu avec nous, puis nous présente ses instruments, pour le moins extra-ordinaires.

Il se met ensuite à jouer et à chanter.
La température n’en finit plus de monter, on n’a plus chaud, on transpire comme après une course au soleil en plein mois d’août.
Moi qui m’attendais à du vieux folklore un peu chiant, je suis agréablement surprise. C’est rythmé, enjoué; il chante bien et nous voilà embarqués ( bon ok le contexte y est aussi pour beaucoup…).

On se regarde, on dégouline, je me demande comment fait le vieil homme pour ne pas faire une syncope sous sa lourde tunique par-dessus ses vêtements de ville. Lors d’une pause on en profite pour ouvrir la porte.
Après environ une demi-heure de spectacle, il profite qu’on soit sous le charme pour nous soumettre à la vente les CDs dédicacés de son concert. Conquis, on en achète un qui finira sous le sapin de Noël (Papa, qu’est-ce que tu en penses?). Il nous parle un peu de lui, on apprend qu’il est à la retraite et fait ses mini concerts en extra.

On se couche en chantonnant et en rêvant de notre douche.
Le lendemain, chose promise, chose dûe : c’est jour de douche ! Mais celles du camps sont toujours fermées. Titskie nous dit qu’on va aller aux douches publiques du village. On se rend à un premier endroit qui est aussi fermé.

Titskie et Baggy cherchent, demandent à plusieurs personnes… Au bout de six jours et sachant qu’on sera de retour à Oulan Bator le lendemain, je me demande si ça vaut vraiment la peine de faire tout ça… On trouve enfin les douches. Titskie disparait on ne sait où, nous laissant avec Baggy qui ne parle pas anglais. On comprend quand-même que ça nous fera 12000 Tugriks en tout (environ 5,30€). Le gars  nous dit d’y aller par deux. Ca tombe bien, on est en couple !
On savoure notre nettoyage intégrale.
Au moment de payer, le gars veut nous arnaquer, avec un grand sourire, s’en suit alors de la surprise, incompréhension, colère… bref on arrive quand-même à récupérer nos sous. Propres de pied en cap, on part pour la colline qui fait face afin d’avoir une vue sur « la ville ».

En passant, on s’arrête pour voir le monument très recherché de la fertilité. Deux flancs de collines bétonnés pour représenter un vagin et juste en face un phallus de pierre. Titskie nous dit que les couples qui veulent avoir des enfants viennent ici et font un don pour que la femme tombe enceinte… Avec Sarah on plaisante sur le fait qu’on ne devrait pas trop s’approcher, car il n’est pas prévu de tomber enceinte pour le moment !

Arrivés en haut de la colline, à nous la vue sur l’ancienne capitale ! A côté d’un totem religieux, des crânes de chevaux sont alignés pour rendre hommage aux fidèles destriers qu’ils ont été. On admire également la Turtle Rock dont tout le monde nous parlait (et qui n’est qu’une tortue en pierre d’un mètre cinquante).

Nous nous dirigeons ensuite vers le monastère qui se trouve juste à côté du camp de yourtes. Titskie nous accompagne pour qu’on ait pas à payer l’entrée (incluse dans le prix du tour), et demande un guide. Elle parlemente un gros moment, il semblerait que personne ne soit disposé à nous faire la visite… Finalement on nous désigne notre guide, une ado, au loin, absorbée par son portable. Une femme l’appelle, elle vient vers nous, et nous dépasse, sans dire un mot, les yeux toujours rivés sur son portable. On se regarde tous.

On est dans un monastère mongol, un des plus vieux symboles du pays, en plein désert, et notre guide est censé être une ado avec une casquette BOY sur la tête, avec une tête de mort en paillettes et un « I love » quelque chose sur son sweat à capuche, et des Converses aux pieds… Titskie nous confirme qu’elle sera bien notre guide, et que si elle ne parle pas bien anglais, elle pourra quand-même répondre à nos questions, et elle s’en va préparer à manger.
Si avec Adree on trouve l’attitude de notre guide vraiment limite, Nick et Sarah sont offusqués par tant d’impolitesse. On suit notre ado qui fait comme si nous n’étions pas là.

On se dirige vers un premier temple, et une fois à l’intérieur, voilà que la fille se décide et nous fait son speech, dans un anglais tout à fait correct. On est tous soulagé et Nick et Sarah lui posent même des questions. On visite deux autres temples, puis on a quartier libre dans le monastère.

On rentre au camp de yourtes à pieds. Après manger on reprend la route, et la paysage qui défile est toujours aussi beau.
En fin de journée on arrive chez notre dernière famille de nomades, que nous ne verrons que très peu.
On est un peu triste de se dire qu’on va quitter le calme immense de la steppe pour retrouver les bruits de klaxons d’Oulan Bator. Le lendemain matin, on profite de nos derniers instants au calme, loin de tout.

Arrivés à Oulan Bator, on reste coincé dans les embouteillages pendant deux heures ! Dur retour à la réalité… On arrive enfin au Golden Gobi où l’on prend une chambre. On ressort faire un restaurant avec Nick et Sarah pour notre dernière soirée ensemble.
Nick et Sarah partent pour la Chine le lendemain matin, nous décidons de rester une dizaine de jours sur place pour nous remettre de nos émotions (et conditions de voyage !) et avancer sur le blog (qui est un travail continuel !).

Résumé de notre avis sur ce tour

Pour nous, un tour d’une semaine est suffisant. Etant donné la continuelle promiscuité, nous avons eu la chance de pouvoir le faire avec des personnes que nous apprécions. Il existe des tours pouvant durer jusqu’à un mois, et même si cela nous donne envie, on se demande si c’est bien nécessaire.
On regrette quand-même le manque de contact avec les familles qui nous ont accueillis (est-ce que la plupart du temps les touristes négligent ce point, ce qui fait que par habitude les nomades se désintéressent des gens qu’ils reçoivent ?)
On conseillerait donc de faire un tour comme le nôtre en étant plus dans une optique de découverte de la nature plutôt que de rencontre avec les nomades (même si on a eu la chance lors de notre première nuit de tomber sur des nomades n’ayant pas l’habitude de recevoir des étrangers).
Au niveau du prix, même si le Golden Gobi était le moins cher, cela reste quand-même une somme, comparée au niveau de vie du pays (salaires et essence) et aux repas auxquels nous avons eu droit (un repas = une assiette) certes bons et copieux, mais simples, et à plusieurs reprises il ne s’est agit que d’un bol de riz au lait, servi par les familles…
Business is business, et ce ne sont ni les tours, ni les touristes qui manquent. Peut-être que d’ici quelques années cela aura perdu encore plus d’originalité et donc d’intérêt. De plus la pollution, même en plein désert, est omniprésente.
Il faut vivre ce tour comme une expérience unique et la découverte de lieux magnifiques. C’est une expérience que nous ne regrettons pas, et c’est pourquoi nous voulions venir en Mongolie.

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7 Comments

  1. Article final intéressant toujours bien agrémenté de nombreuses photos. Une semaine semble bien suffisant pour découvrir ces magnifiques paysages de Mongolie.

  2. Au poil!

  3. Bonsoir les Trotteurs du globe!
    Bel article cossu en verbes et en images, sans oublier la vidéo…
    Le disque est un véritable dépaysement!
    Deux superbes duos avec une voix féminine très douce; quelques chants à la gloire des cavaliers et/ou des chevaux- me semble-t-il, aux rythmes galopant, dont une mélodie où l’artiste imite le hennissement à l’aide de son archet sur son instrument.(un extrait sur la vidéo). Un morceau de guimbarde, un autre avec tapes sur les joues…on s’élance dans la steppe!
    Des mélodies qui rappellent la Chine voisine, et plus étonnant, des musiques aux sonorités amérindiennes, en plus des typiques.

    Le dernier morceau est une superbe orchestration, digne d’un boléro de Ravel, en plus court, mais quelle claque!
    SHUTEEN AYALGUU
    BAASANDORJ B.

    • Lol, merci pour ce compte-rendu hip/épique !

  4. mon fils et ma fille sont actuellement dans la région de Kartorin , dans une yourte au milieu de nulle part! J’espère qu’ils auront droit aussi á un petit concert!
    Grace à vous pendant un instant j’y étais aussi …merci

    • Avec plaisir! 🙂

    • Merci à vous! J’espère qu’ils auront apprécié la Mongolie autant que nous 😉

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