Randonnées et décors fantastiques en Mongolie

Après une autre nuit fraîche, on découvre les lieux au petit matin. Après un nez à nez avec les chameaux, au sortir de la yourte cette fois-ci nos plus proches voisins sont des yacks ! Encore une bête étonnante, une sorte de vache qui aurait décidé de se laisser pousser une robe. Adree tombe sous leur charme.

On s’éloigne des yourtes et on découvre un lieu magique. Tout est vallonné autour de nous ; au fur et à mesure qu’on avance, on a l’impression d’arriver en haut d’un sommet mais un autre nous attend et nous cache la vue. On arrive finalement en haut… d’une vallée. En bas se trouvent quelques arbres, une rivière et un troupeau de moutons comme accrochés sur le flan de la colline d’en face. L’endroit est apaisant et semble tout droit sorti d’un décor de cinéma.

On retourne aux yourtes, en attendant le départ avec un peu d’appréhension car la veille Titskie nous a dit qu’on ferait le même chemin en sens inverse… Finalement la route est un peu mieux qu’à l’aller. Titskie nous dit qu’on s’arrêtera pour manger à midi, qu’on laissera Baggy et le van et qu’on partira ensuite faire une randonnée jusqu’au camp de yourtes où l’on passera la nuit. Le lendemain il est prévu de revenir, mais cette fois-ci à cheval.

Hum hum. A cheval.

On a d’ailleurs eu l’occasion d’apercevoir l’espèce ancêtre du cheval actuel, un cheval sauvage… dont on a oublié le nom.

On prépare nos sacs et on part vers 15 heures. Un peu tard sachant qu’il y en a pour trois heures de marche et qu’on doit arriver avant la nuit… On aime marcher et on attendait cette rando avec impatience. Dès le début le chemin se borde de neige ! Et bientôt des endroits boueux et verglacés. J’angoisse. Faire ça à cheval ?…

Comme il faut arriver avant la nuit, Titskie accélère le pas. Et le paysage alors ? Je veux prendre le temps d’admirer ce qui nous entoure. Et c’est beau.

On traverse la forêt puis des éboulis. Quel endroit surprenant ! On se croirait dans le Seigneur des Anneaux, guidés par Gollum jusqu’aux portes du Mordor (pardon Titskie pour la comparaison !).

Et puis il commence à faire sombre. Plus de trois heures qu’on marche. Je vois bien que Titskie ne fait pas la fière. On est aux pieds d’une colline, les yourtes sont au sommet. On est censé contourner l’endroit qui est marécageux, mais comme ça serait plus long et qu’il est tard, Titskie décide de couper au plus court.

Seulement c’est vraiment un marécage. On s’enfonce de plusieurs centimètres et l’eau est plutôt froide… Pensée inévitable pour la cascade de Glymur.

Adree et moi on reste au sec grâce à nos chaussures de rando, mais Nick et Sarah ont les pieds trempés dans leurs baskets. On se met à sautiller en courant pour ne pas s’enfoncer ! On parvient enfin le haut de la colline et on aperçoit les ombres des yourtes.Vous avez de la chance ! s’écrie Titskie à bout de souffle.

Euh, what ?

– Vous avez de la chance ! Les yourtes sont là !

– Euh, pourquoi tu n’en étais pas sûre ??

Elle répète qu’on a de la chance. Hum, on est apparemment passé à côté d’une nuit à la belle étoile…

En fait c’est la première fois de l’année que Titskie fait cet itinéraire. Heureusement qu’on est qu’en octobre…

Bref on est tous soulagé d’être enfin arrivé.

Dans la yourte, deux femmes et des hommes de tous les âges nous attendent. Enfin… les hommes sont captivés par leur télévision. Les femmes sont assises de l’autre côté de la yourte et la regardent aussi. Nous on mange, alignés au fond.

Des touristes, il doit en venir tous les jours, ou presque, c’est pas nouveau. La télé, ça change tout le temps, c’est bien mieux.

On fait sécher nos chaussures près du poële. Titskie s’allonge sur un lit et feuillette un magazine.

En clair on attend que nos hôtes aillent dans leur yourte pour se coucher.

Les hommes sont collés à l’écran, on peut presque les voir baver devant des pubs à la con, type shampoing, où apparaissent des Occidentales.

On a aussi droit à l’aperçu d’un clip de rap, qui nous fait tous marrer. Du bon rap mongol, où le rappeur a le style américain des années 90, casquette et collier en or bling-bling. Mais je note qu’il n’y a pas de femmes, bizarrement.

Finalement on se couche.

Le lendemain, la première vue en sortant de la yourte est une fois de plus incroyable. Ca sera mon paysage préféré durant ce tour.

Seul à rompre le silence, un troupeau de yacks paisse tranquillement, et en contre-bas, le lac apparaît…

Pendant qu’Adree immortalise le décor, je descends jusqu’au bord du lac. Il est gelé !

Après le petit-déjeuner, vient le moment tant redouté attendu: celui de monter sur nos destriers. Je suis tout de suite rassurée sur un point : ce ne sont pas de fougueux étalons, mais plutôt de dociles poneys ! Je me demande même si ça ne va pas être ridicule de mettre mon mètre quatre-vingt dessus…

Allez hop, tout le monde en selle. Adree est aux anges, c’est sa première fois mais en cinq minutes il sait déjà manier les rênes et se faire obéir !

C’est parti ! Au pas bien-sûr, pour moi, en dernier. Le terrain est plat, le paysage est beau, tout va bien.

Et puis on trouve que je traîne un peu trop, le guide qui nous accompagne vient stimuler mon cheval et je me tape un ou deux petits trots. Et sueurs froides. Le trot, Adree kiffe, et ne s’arrête plus.

On traverse la forêt. Mon cheval rase-motte passe sous une branche, je mets la main pour la repousser, mais elle ne bouge pas, et mon cheval, lui, continue d’avancer… Me voilà alors contrainte de m’abaisser à la hauteur du cheval en me penchant complètement en arrière, dos contre croupe (et sac à dos), pieds tordus dans les étriers, et évidemment je crie. Bref, j’écourte rapido la torture ; la balade ok, mais sur mes propres pieds ! Les jambes arquées, je suis un vrai cow-boy de pacotille. Mais quel soulagement !

Je prends de l’avance jusqu’à me perdre, fais demi-tour en entendant qu’on crie mon nom. Je retrouve enfin Titskie qui m’annonce qu’elle-même est tombée de cheval ! Ah ah ! On sort de la forêt, j’aperçois Adree qui s’éclate à faire galloper son dada. Quelle chance !

On retrouve notre campement de la veille.

Après le repas, on reprend la route… en van.
On s’arrête pour voir une cascade. Le site grouille de vacanciers et de touristes l’été, mais bien-sûr en cette période on est les seuls ! Une plaine immense avec soudain, en son milieu, comme une déchirure dans la terre qui laisse apparaître un petit monde à part.

Il est prévu que le soir-même on dorme dans une yourte mais cette fois dans un camp pour touristes, sans nomade, juste pour dormir dans une yourte. Entre nous, l’intérêt est sacrément limité, surtout quand on connait la dureté des lits et le froid des nuits. Même si c’est un peu bizarre d’aller dans cette yourte, on est curieux de voir les différences ou similitudes avec une vraie yourte de nomade !

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6 Comments

  1. C’est un magnifique environnement pour une randonnée !

  2. Trop drole votre ballade en poney 😀 je t’imagine tres bien Sista!!! Et Adree en cow boy…de poney :p Belles vues

  3. La suite de l’équipée sauvage ! Supers photos et paysages, c’est vrai que les vaches sont belles ! J’aurai bien aimé être là pour la balade à poney, trop drôle !!

    • Des vaches, quelles vaches ? 😀
      C’était des très gros poneys!!

  4. Les chevaux sauvages… c’est Prjevalski ! 😀
    Très chouettes les robes des vaches en tous cas éhé

    • ah oui! Merci pour le nom, c’est quand même difficile à se rappeler!

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