Chameaux et soubresauts

Après notre première nuit chez les nomades, nous reprenons la route. Le paysage vaut le coup d’oeil, et heureusement car finalement nous roulons toute la journée.

Il était prévu qu’on fasse un tour à dos de chameaux, mais quand on arrive chez nos hôtes, il est trop tard, et la balade est reportée au lendemain matin.

Déçus, il faut bien l’avouer, on décide d’aller se dégourdir les jambes… en grimpant la montagne qui nous fait face ! Armés de nos lampes frontales pour le retour nocturne, on espère arriver au sommet à temps pour assister au coucher du soleil… Petits joueurs, les autres s’arrêtent en cours de route. Il faut dire que cette montagne est finalement plus loin que ce qu’on pensait !

On continue, vite, vite. A bout de souffle, on arrive juste au moment où le soleil amorce sa descente.

La température descend illico, il fait nuit, on rentre au bercail ! On nous fait des appels de phares avec le van pour nous guider dans la bonne direction.

La famille qui nous accueille, cette fois-ci, a l’habitude de recevoir des touristes, nous les voyons à peine : ils ont leur yourte, avec Titskie et Baggy, et nous la nôtre… Le fait d’être entre nous est au premier abord sympa, on passe la soirée à discuter, jouer aux cartes et boire quelques verres de vodka. Mais j’ai envie de dire qu’on est pas là (que) pour ça…

On entretient le feu avec des bouses de yacks (ou yaks).

On se couche dans nos sacs de couchage, sur des lits bien durs (sans matelas quoi !).

Le lendemain matin (réveil gla-gla), une surprise de taille (et avec deux bosses) nous attend au sortir de la yourte: les chameaux sont là ! Placides, ils prennent la pose.

Incroyable de voir ces animaux de si près ! Pour le coup je les imaginais plus grands. C’est impressionnant de voir ces animaux hors du commun pour nous tous, on est comme des gosses.

Par contre j’ai un petit coup au coeur. Je remarque que ce qui sert de mors est en fait un bout de bois qui leur traverse le museau ! Je commence à me demander comment ils peuvent pratiquer une telle opération… je repense à ce que j’avais lu sur  le sort des éléphants en Thaïlande et j’espère très fort que ces animaux sont bien traités… même s’il est trop tard pour s’en soucier…

Sarah, qui a fait de l’équitation, trône déjà fièrement sur le sien ! Vient mon tour.

Bon.

J’enjambe l’animal, me voilà le cul entre deux bosses, il se redresse… Youhou, je suis (restée) dessus !

Une fois que chacun a sa monture, on se dirige cahin-caha vers les dunes de sable: nous sommes aux portes du semi-désert de Gobi. La démarche est lente et j’aime ça. Les sabots sont gros, presque ronds, et s’écrasent au contact du sol. Sacrés bestiaux.

J’évite de tirer sur les rênes.

Le paysage change du tout au tout: voilà les dunes ! On descend de monture pour s’enfoncer dans le sable.

Paysage bicolore, du jaune et du bleu, le sable et le  ciel.

Le sable est incroyablement fin ! De la poudre de pierres. On est bien là, le cul dans le sable et la tête dans le ciel. Je serais bien allée plus loin dans le désert, le vrai.

Une autre fois.

On retourne sur nos chameaux et aux yourtes. C’est au tour d’Ellen et Stan de faire la balade, et nous leur disons au revoir, nos chemins se séparent ici.

Nous remontons dans le van, cette fois plus à l’aise de n’être que quatre. Tressautant, nous roulons encore plusieurs heures. Le paysage change et devient rocailleux.

Un panneau philosophique nous dit que « Trees are our future » (« Les arbres sont notre futur »), et on a beau regarder partout, il n’y a pas d’arbre.

Dans l’après-midi nous nous arrêtons à un campement. Il y a un grand élevage de chevaux (enfin de poneys on va dire). D’ailleurs ils me paraissent très bizarres.

Ils ne bougent pas.

Ils sont là, immobiles, presque faux.

On nous invite à entrer dans une yourte. Il y a beaucoup de monde à l’intérieur. On nous tend un bol de lait de jument, qu’il faut prendre avec la main droite, toujours… Chacun doit boire, redonner le bol à l’homme qui le remplit à nouveau et le passe au voisin.

Faire abstraction du poil qu’on voit flotter du coin de l’oeil.

Puis on nous fait passer une petite fiole. Titskie nous montre comment faire : elle l’ouvre, verse un peu de poudre sur sa main et… la snife.

What ?

– Euh… C’est de la drogue ?!

Elle me répond que oui. Bon, en fait l’odeur nous précise que c’est du tabac. Le tabac, je le fume pas, alors c’est pas pour aller le snifer… Comme tout le monde y passe, je fais semblant.

Les nomades nous regardent, amusés.

Nous mangeons et reprenons la route. De droite à gauche, de gauche à droite, nous sursautons dans tous les sens. Qui dit plus de place dit plus de rebondissements. Et vraiment, j’insiste parce que c’est le passage qui nous a le plus secoué. C’était vraiment incroyable d’être balancé comme ça !

Après une pause, voilà que le moteur ne veut plus redémarrer ! On est dans un village, donc la situation n’est pas critique mais quand-même ! Pendant un bon quart d’heure, gros doute. Adree est énervé de voir Baggy forcer sur le moteur pour rien. Ca pue l’essence, Sarah se sent mal. Finalement le van redémarre ! Ouf…

Baggy roule n’importe où. Il y a des rochers partout, on s’attend à crever à chaque instant. Mais ce van russe est à toute épreuve ! Un vrai tank !

La nuit tombe et Baggy est perdu. Il ne le dit pas, Titskie continue de chanter, mais il fait demi-tour plusieurs fois. Sarah et moi on essaie de dormir mais les secousses sont trop fortes. Au début c’est marrant, après plusieurs heures c’est franchement fatigant.

On finit quand-même par arriver, quel soulagement ! La famille qui nous accueille nous sert un bol de riz au lait. C’est d’ailleurs le seul contact qu’on aura avec nos hôtes.

Sarah est tellement retournée qu’elle en a mal à la tête et ne peut rien avaler.

Tout le monde est déboussolé par toute cette route cahotante et on se couche rapidement en ayant hâte d’être au lendemain.

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6 Comments

  1. J’espère aussi que les chameaux sont pas maltraités….

  2. Le sniffage de tabac ? Why not…

  3. Quelle chouette expérience… Ca m’aurait plu une ballade en chameau comme ça…

  4. J’adore cet article et ces supers photos !! Quelle belle balade, (à part les cahots du véhicule) le paysage est magnifique, bravo pour ce récit !

  5. MAIS! Le mongol!!! Il tient le bol de la main GAUCHE?!!!!
    C’est vrai que les Chameaux sont petits?! Et les chevaux aussi?!
    Et la photo 20, c’est quoi? Un chameaumadaire? Il a une bosse sous le cou ou j’hallucine?
    Trop cool quand même cette aventure, entre la passe du van, l’ chauffeur qui se paume et l’autre qui chante pour camoufler le tout!!! Je t’imagine trop faire semblant de sniffer du tabac! Tu as fait semblant de tousser au moins?!
    @Adree Nice shots et bien la photo animée, ça donne de la vie! 😉

  6. Commentaire enjoué qui nous fait bien participé au voyage.
    De belles photos de paysages ( dont des panoramas) et portraits, dont l’animée qui est un bonus sur le récit!
    Les yourtes aux intérieurs colorés sont bien présentées aussi avec leurs propriétaires.
    Les Camels ne sont pas si chameaux…

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