Rencontres et balade au bord du lac Baïkal

Rencontres à Novossibirsk

Fondée en 1893, Novossibirsk est nommée Novonikolaïevsk, d’après le tsar Nicolas II, jusqu’en 1925. Comptant plus de 1 520 000 habitants, c’ est la capitale de la Sibérie.


Un nouvel hôte couchsurfeur nous attend. Il s’appelle Alex et bosse dans l’informatique (de longues discussions avec Adree en perspective). Nous arrivons, toujours  sous la grisaille. Alex nous emmène chez lui. Son quartier et son immeuble (tout comme la ville finalement, mais peut-être était-ce dû au temps ?) ne paient pas de mine. Mais une fois la porte franchie, nous découvrons un appartement très beau et très moderne (et une chambre rien que pour nous !).

Alex nous explique qu’il travaille le lendemain et que du coup on ne pourra pas s’éterniser. Il regrette de ne pas pouvoir nous faire visiter la ville. Mais finalement, on a reçu la proposition d’un autre Alex justement, qui ne pouvait pas nous recevoir mais se proposer d’être notre guide ! Ca ne pouvait pas mieux tomber.

Nous sortons manger dans une cantine russe, qui propose beaucoup de choix pour quelques euros (on s’en sort pour 8€ à deux !). On l’invite ensuite à prendre un verre dans un pub (où là par contre les prix sont les mêmes qu’ en France).

Le lendemain on part ensemble de chez lui. On va déposer nos sacs à la gare et on rejoint notre second Alex pour manger, de nouveau à la cantine. Au début cet Alex n’est pas bavard, mais finalement il se révèle être un bon guide ! C’était son job d’été l’année dernière et apparemment il aime ça.

Alex nous dit qu’il est dispo jusqu’à 21 heures, ça tombe bien notre train est à 23 heures. Finalement la journée passe vite, le soir nous allons dans un petit restaurant pour goûter une spécialité : encore ces fameux dumplings (raviolis), que nous retrouvons finalement dans beaucoup de pays ! Après ça, il y a un feu d’artifices prévu à 21 heures, car c’est jour de fête : c’est l’anniversaire de Poutine qui est en ville pour l’inauguration d’un pont ! Nous nous plaçons au détour d’une rue, la vue est dégagée, il fait -3 degrés et le spectacle est réussi !

Puis Alex nous raccompagne jusqu’à la gare où il nous laisse. Il a été un guide vraiment très sympa et serviable ! Ca nous a fait du bien de voir autre chose que les comportements malpolis rencontrés jusque là…

La ville de Novossibirsk en elle-même n’a rien d’extraordinaire, mais les deux rencontres qu’on y a faites nous ont rendu la coupure du transsibérien très agréable.

Listvianka, ou comment on a loupé l’île d’Olkhon

Irkutsk, avec plus de 600 000 habitants, est la ville la plus peuplée de Sibérie.

Nous arrivons tôt le matin. Certains quartier de la ville semblent tout droit sortis d’un film de far west !

Nous cherchons à nous renseigner sur le moyen d’aller à Listvianka.

Listvianka est une commune de 2000 habitants. A 70 kms d’Irkutsk, elle se trouve au bord du lac Baïkal.

Le lac Baïkal s’étend sur 636 kms de long et une largeur variant de 24 à 79 kms de large, ce qui en fait le 6ème lac du monde. C’est le plus profond lac du monde, avec un volume d’eau de 23 500 kms3. Sa transparence serait parfaite avec une visibilité unique jusqu’à 40 m de profondeur !

On est vraiment bien reçu à l’office du tourisme par une jeune fille qui nous dit même bonjour en anglais d’elle-même dès qu’on franchit la porte ! (chose assez rare pour être signalée !) Elle nous dit quel bus on doit prendre, nous renseigne sur les balades à faire et nous indique même l’hostel le moins cher.

Nous retournons à la gare récupérer nos sacs et allons acheter nos billets pour le car. On arrive bien à communiquer avec la femme du guichet, et on a même le temps de manger avant le prochain départ. En guise de car, on a droit à un minibus, tout droit sorti des années 60, il nous fait bien rire !

Les places sont restreintes, il faut compter l’équivalent d’environ 4eur à deux (l’aller) et 1eur de supplément pour chacun de nos gros sacs.

Et nous voilà partis, rideaux au vent ! Le bus ne roule pas, il vole ! On tressaute, on s’agrippe. On a un peu peur. Les autres passagers, eux, ne s’en soucient pas du tout. L’un d’eux, sur un siège qui fait face à tout le monde, commence à nous pousser la chansonnette ! Et les autres de l’encourager, une mémé faisant même quelques chœurs avec lui… quelle ambiance !

On nous avait dit de compter deux heures de trajet, mais avec notre bus magique volant, une heure et demie a suffi.

On part à la recherche de notre hostel, le Baïkaler Eco Hostel. Je croyais que « Eco » était pour économique… mais c’était pour écologique ! Tout fait de bois, on est prié de faire attention à l’eau. Pas de crainte : quelle déception en prenant nos douches, après deux jours de transsibérien et de lingettes, de n’avoir qu’un mince filet d’eau ! Pas vraiment ce dont on rêvait… On est accueilli par une femme qui nous aboie dessus. La chambre est très bien mais coûte 32 eur la nuit, heureusement que c’était la moins chère…  Avec seulement deux toilettes, dont une avec l’unique douche ! Autant dire que quand l’hostel est plein, ça doit pas être commode.

Le lendemain on passe la journée dehors. On longe le bord du lac jusqu’à un office du tourisme pour avoir des informations sur le moyen d’aller sur l’île d’Olkhon. Une femme âgée est derrière le bureau et ne connait strictement aucun mot d’anglais ! On se dirige alors vers le genre de bureau pour touristes qui propose des locations et tours en tous genres. Le gars de la boutique nous dit que c’est hors saison, qu’il n’y a pas de trajet jusqu’à l’île car pas assez de monde… mais il nous propose à la place une balade en bateau à 40 eur par personne !

On est déçu car apparemment cette île est à voir ! Mais bon, c’est comme ça…

On longe le lac dans l’autre sens, jusqu’au village. Le temps est magnifique et on peut profiter d’une super visibilité (mais il fait froid !).

Le village est étrange, entre maisons d’un autre temps en ruines et hôtels… On trouve une église et une vache attachée au bord du chemin, qui broute de l’herbe… au milieu de bouteilles en plastique.

On mange dans un petit restaurant en bord de route et ensuite, direction le sommet d’une colline pour admirer la vue ! On marche, on marche et finalement on arrive à un télésiège. On ne prend qu’un tiket pour l’aller (env. 2€ par personne).

« Quand te reverrai-je, pays merveilleux

Tous ceux qui s’aiment

Vivent à deux!… » (Les Bronzés)

En haut pas moyen de se réchauffer avec un chocolat chaud : le café est fermé. Ce n’est pas la saison touristique, je sais. On s’émerveille de la vue sur le lac et le soleil couchant.

La balade pour redescendre est agréable, à travers bois. Le décor est typiquement automnal, avec toutes ces feuilles orangées.

Tout ce froid nous a donné des envies de raclette et tartiflette : défi, essayer de faire quelque chose qui s’en rapproche le plus pour le souper ! On va dans une épicerie pour acheter des patates, du fromage, des œufs et un oignon. Et là je crois qu’on est tombé sur la Russe la plus désagréable de tout le voyage ! Les produits sont derrière le comptoir, on ne peut donc pas se servir tout seul. On lui désigne ce qu’on veut en essayant de mixer du russe et de l’anglais. Elle tire la gueule et va même jusqu’à souffler !? What the fuck ?? On commence à se regarder en grognant nous aussi, et là un homme s’avance vers nous en parlant anglais et propose de traduire à la vendeuse.

On ressort outré.

A l’hostel on se concocte une pseudo tartiflette en faisant connaissance avec un couple d’anglais, Sarah et Nick. Ils sont partis de Liverpool quelques jours après nous et voyagent jusqu’en février. Ils ont quasiment le même parcours que nous. Ils sont médecins tous les deux. Ils sont super sympas et on discute beaucoup avec eux. Ils nous regardent nous remplir le ventre avec notre repas (qui est bon, mais le fromage ne vaut pas notre vrai fromage bien-sûr !) pendant qu’ils mangent un pain perdu (et donc retrouvé). Le choc des cultures.

On a prévu de repartir pour Irkutsk le lendemain. Nos séjours se chevauchent jusqu’à Oulan Bator, où l’on décide de se retrouver pour faire un tour organisé ensemble, dans la nature, et ainsi en réduire le prix.

Le lendemain matin, c’est reparti pour Irkutsk, avec un bus pas si volant cette fois (le chauffeur n’est pas le même). On se trouve un hostel très bien, le Good Cat, près de la gare et à 30 eur la nuit : chambre pour trois ( !) avec salle de bain-toilettes (et un lave-linge gratuit !). La fille de l’accueil nous demande si l’on compte aller sur l’île. On lui dit que c’est pas possible, et on lui raconte qu’on vient de Listvianka. Elle s’étonne et nous apprend en fait que pour aller sur l’île il faut partir d’Irkutsk, et pas de Listvianka… On est dégouté, si on avait su ! Tant pis, il ne nous reste qu’une nuit ici, on s’installe et on part visiter la ville un peu mieux.

On avait lu que d’autres blogueurs ne l’avaient pas trouvée intéressante, mais nous on lui a trouvé un certain charme ! On a suivi un itinéraire marqué au sol par un trait vert.

Le lendemain, à l’aube, il neige et nous repartons pour Oulan Oude, notre dernière étape en Russie !

Je partage sur Google Plus

8 Comments

    • pongelard Annick
    • 25 novembre 2014
    • Répondre

    Très bel article sur une région la Sibérie que l’on ne connait pas. Et toujours de belles photos

    • Merci 🙂

  1. votre tartiflette m’a donné faim!! sa tombe bien j’en fais une ce soir avec du fromage de la ferme de thorenc 😀 et oui!!!! Sympa l’article mais sa me dit pas d’y aller quand meme :p

    • Miaam, une bonne raclette…!! On verra quand on sera dans les îles si ca te donne envie de bouger tes fesses ;-p

  2. Trop drôle les frenchies qui mangent une raclette à côté des anglais avec leur pain perdu !! ^^
    Bel article avec de belles photos comme d’hab! Bravo et bisous!

    • Thanx bro!
      Oui nous aussi on a bien ri avec notre raclette… On s’est vraiment senti les clichés de frenchies!!

  3. Bon et beau reportage, surtout avec le soleil, vastes espaces.

Laisser un commentaire