Une autre vision du monde #2

1-oeil

Je m’appelle Lola. Mais tout le monde s’en fout. On me donne un tas d’autres noms beaucoup moins agréables à entendre.

Comme les autres jours, je viens de payer les 200 euros pour ma journée, 200 euros pour huit heures de location, il faut que chacune de ces heures m’en rapporte autant. Je me mets en tenue. Comprendre : je me déshabille.

C’est parti, je me colle à la vitre. Pas un chat dehors.

J’aperçois la belle Emily en face, je lui fais signe et elle me répond. Elle n’était pas là ces derniers jours, je commençais à m’inquiéter pour elle.

Je ne devais rester qu’un an, histoire de rebondir. Ca fait plus de trois ans maintenant. Quand Amsterdam nous ouvre les bras, on ne tourne pas le dos. On se jette dedans. On s’y blottit. On s’y endort.

Ca y est, les premiers badauds. Un groupe de jeunes hilares. Je suis sûre qu’ils n’ont pas vingt ans. Ils regardent partout, ils nous montreraient presque du doigt, comme au zoo. Aucun intérêt, je suis sûre qu’ils sont puceaux et n’ont pas les couilles de franchir le pas ici. Mais ils raconteront le contraire aux copains.

Tiens, celui-là il est un peu comme je les aime. Il fait virile, mais pas macho. Et il a de beaux yeux. Ses fringues payent pas de mine, mais on sait jamais… Je me trémousse pour attirer son attention. Viens mon beau ! Mais ses yeux glissent sur moi et il continue sa route. Merde.

Par contre mon jeu de hanche en a émoustiller un autre. Quinqua, le genre trop mou pour sa femme mais qui en redemande aux autres… Tant pis, les clients c’est comme ses parents, on les choisit pas… Il se rapproche et je sens que la journée va commencer avec lui. Je l’encourage en l’aguichant et lui fait signe d’ouvrir la porte à côté.

Viens chéri, viens prendre du plaisir.

1-danseuse

Les articles Une autre vision du monde sont écrits à partir de faits réels, vécus ou racontés, et naissent après qu’une situation ou une personne m’a particulièrement touchée, au point de me donner l’envie de partager la vision du monde de cette personne. Cette vision reste néanmoins subjective et spontanée, et n’engage que moi.
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