Amsterdam : désillusions et découvertes

Enchantés par Bruxelles, on a repris la route, avec Eurolines.

Arrivés en plein centre-ville d’Amsterdam, on ne trouve qu’ une auberge à 60 euros la nuit, les autres sont complètes ! 60 euros la nuit, pour un dortoir de 8. Ok… finalement on demande à changer de chambre car les lits semblent tous occupés : on nous met dans une chambre de 5. Correcte, mais la salle de bain est désastreuse. Rapport qualité-prix : 0. Heureusement qu’on ne reste que deux nuits… La déco est à l’image touristique de la ville :

Avant de venir à Amsterdam, j’avais une idée toute faite de ce que je pourrais y voir. Quand tu entends parler d’Amsterdam et que tu es ado, tu retiens deux choses : fumer de l’herbe est autorisé et les prostituées sont dans des vitrines ! Si on me disais Amsterdam, je pensais à ça. Si on me disait Hollande, je pensais au président aux tulipes.

L’herbe, je m’en fous : ils ont le droit de fumer dans la rue comme on fume des clopes en France ? Ben tant mieux pour eux, même si ça doit être bizarre de voir des gens défoncés tout le temps.

Une autre vision du monde #2

Mais les prostituées. Derrière des vitrines. Ca, ça m’a toujours intriguée. Novateur, surprenant. Je m’imaginais les choses comme ça : desvitrines comme celles des grands magasins, larges et hautes, avec un décor cosy, rose bonbon bien-sûr, avec des coussins, du moelleux, et la fille sur le canapé qui attend, tout sourire, ou qui marche en même temps que toi, qui t’accompagne sur deux ou trois mètres, elle à l’intérieur, toi sur le trottoir, avec juste cette vitre qui vous sépare. Quelque chose qui donne envie, qui fait fantasmer. Quelque chose de gai. Du sexy et du chic. De la prostitution toujours, mais avec un semblant de positif.

1° déception

Il y a le Quartier Rouge à Amsterdam, le Red Light District, le coin des putes quoi. On y est passé avec le guide, qui nous a défendu de prendre des photos. Ces demoiselles s’exhibent, mais pas trop.

Des filles (ou presque) derrière des vitrines, oui. Mais des vitrines comme des placards. Etroites, sombres. Parfois en contre-bas, avec la tête et à peine les épaules à hauteur de trottoir. On les regarde de haut. La Femme comme objet de consommation, objet de décoration, et objet tout court.

Alors quel intérêt d’aller voir une fille à Amsterdam si ce n’est pas pour rêver un peu plus ? simplement pour accentuer un côté pervers et macho ?

Les filles sont en vitrine et je me suis demandé pourquoi.

2° déception

La marijuana. Omniprésente. Partout. PARTOUT. Mais pas comme un trait culturel du pays ou un truc normal du quotidien. Ah non ! Comme un produit de surconsommation, le piège à con du touriste. On sait qu’il vient pour ça et on lui en met plein la vue.

Sans en fumer elle nous rend malade quand-même. Des t-shirts aux inscriptions qui, certes, peuvent faire sourire quand on les voit une fois (du genre « Je suis encore stone » avec une écriture floue), mais quand dix boutiques propose le même genre de t-shirt, tu te demandes si effectivement tu n’es pas stone. Des boutiques d’accessoires (chichas, bangs… tous plus cheap les uns que les autres), des magasin où s’approvisionner en herbe évidemment. Des space cakes (gâteaux préparés avec de l’herbe), des champignons hallucinogènes, des glaces à la beuh. Des glaces à la beuh !

Une liberté exacerbée, agressive, une autorisation qui devient obligation. Parce que ce que le client veut, le client l’a. Puissance mille.

L’herbe a une plus belle vitrine que les filles.

Visite de la ville

Premier jour, nous allons à un rendez-vous bien connu : le tour guidé de la ville à pieds. Une fois de plus nous ne sommes pas déçus par le guide ! Enjoué et sympathique, il demande à chacun sa nationalité, et on a droit à un faux regard noir quand il nous explique que c’est la faute à Napoléon si le City Hall initialement prévu est devenu le Palais Royal où il s’est installé ! ( Un Palais Royal sans grande porte et avec de petites fenêtres… ). Nous parcourons la ville et avons aussi droit à une dégustation de gouda (bien qu’on ne l’a pas attendu pour en faire !)

Après la visite, et sur les conseils du guide, nous montons en haut de la tour du bar restaurant Blue d’où l’on peut avoir une vue sympa sur la ville. Puis nous allons du côté du marché aux fleurs, où je m’attendais à voir des montagnes de tulipes. Mais il n’y aura que des tonnes de bulbes ! Des bulbes de toutes sortes de tulipes, et bien-entendu des souvenirs à acheter avec l’embarras du choix.

Le lendemain, nous allons ensuite jusqu’à la maison d’Anne Franck, où les gens ont presque une heure de queue à faire ! Ca nous décourage d’en faire la visite.

Ce qu’on a aimé:

Les vélos

Jusqu’à présent Tampere (en Finlande) était pour moi la ville des vélos ! Et bien, j’ai rendu à Amsterdam ce qui était à Amsterdam ! Le vélo semble être une extension des Amsterdamais (si-si. Apparemment on peut dire aussi Amstellodamois ou Amstellodamiens !) Ils doivent naître avec. Il y en a partout et ils sont prioritaires. Gare au piéton égaré sur la voie ou à l’automobiliste ringard qui ose traverser la ville ! Comme nous l’a conseillé le guide, à pieds il vaut mieux ne pas bouger si on entend la sonnette d’une bicyclette, le cycliste nous évitera. Mais ça risque de ne pas fonctionner avec le tram !

amsterdam (29)

Les fromages

Le gouda et l’edam font aussi partie des incontournables ! De nombreuses boutiques en vendent et proposent des dégustations. Il existe une quarantaines de saveurs différentes ! On a vu et goûté du gouda vert au pesto (mon préféré !), du rouge au cumin, du bleu à la lavande, du noir à je ne sais plus quoi. Du gouda au lait de chèvre, aux herbes, aux truffes. Bref, difficile de ne pas en trouver un à son goût ! Il y a d’ailleurs un musée du fromage.

Info bonus : on a dégusté des glaces artisanales à un euro ! Mélangées avec de la crème fouettée c’était un délice !

La ville en elle-même

Voilà ce pourquoi il faut venir à Amsterdam (en plus du fromage !) L’atout charme de la ville, ce sont ses bâtiments penchés et ses canaux romantiques où ils se reflètent. Des maisons accolées les unes aux autres. Cahin-caha, elles se serrent les coudes, se supportent malgré un sol mouvant fondé sur de l’eau.

L’eau : un élément important pour cette ville classée au patrimoine mondial de l’UNESCO. Ses canaux la font rivaliser avec Venise.

Pour pimenter le tout: son street art avec toutes ses couleurs.

Le sentiment de ne pas être dans une capitale.

Oui, Amsterdam vaut le détour.

Mais par pitié, n’y allez pas parce que les filles sont faciles et que l’herbe pousse partout.

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8 Comments

  1. Super article sur une ville que j’ai comme vous détesté pour certains aspects et adore pour d’autres! De balader sur les canaux quand ils commencent a geler au début de l’hiver reste une super expérience de voyage ! À bientôt solene

    • Merci pour ton retour ! Bon on est pas les seuls à avoir un sentiment mitigé alors… L’hiver ça doit être une toute autre ambiance !

  2. Article très sympa (moi qui pensais que les Néerlandais naissaient avec une caravane et que le camping car était le cadeau de quand ils ont 18 ans, ça c complètement changé la vision que je pouvais en avoir !
    Et c’est vrai que le début ne donne pas spécialement envie, je me suis en effet souvent imaginé et fantasmé des superbes vitrines rouges/roses, pas un truc glauque comme ça semble l’être…

    • Merci beaucoup ! Toi aussi tu croyais au monde des Bisounours ! ^^

  3. Super article c’est mon préféré!! J’aime bien comment il est « construit » 🙂

  4. Amsterdam possède des coins sympas et ses canaux lui donne un charme particulier, c’est incontestable.
    Mais le centre ville d’Amsterdam est vraiment hyper touristique avec tous les inconvénients associés.
    Il y a d’autres villes aux Pays-Bas qui méritent d’être visitées et qui sont plus authentiques qu’Amsterdam.
    Je dirais qu’il faut visiter Amsterdam mais qu’il ne faut pas visiter uniquement cette ville aux Pays-Bas

    • Bien-sûr, on a jamais dit le contraire.

  5. Sympa! Prochaine fois vous devrez venir faire la visite guidee a velo en français! amsterdam-velo.com

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