Du haut de Preikestolen

Après avoir vu Bergen, nous décidons donc de partir pour Stavanger.

Une journée de transport en prévision: nous prenons un bus, un car, qui prend lui-même un ferry, qui reprend la route, puis un deuxième ferry, puis de nouveau la route.

Stavanger est la ville du pétrole au pays du pétrole (avec des tarifs d’essence plus élevés qu’en France. De toute façon, tout est plus cher qu’en France !) Quatrième ville du pays et capitale du comté de Rogaland, elle compte 200 000 habitants.

Sur le port nous partons à la recherche d’un ultime ferry devant nous emmener à Tau. On galère et finit par découvrir que le port est plus grand que le bout de nos nez, et qu’il y a un coude qu’il faut dépasser. Là nous trouvons notre navette. Dernier transport de la journée, le bus qui mène jusqu’à Preikestolen et passe par le camping. Nous nous y installons. Les deux ou trois jours qui suivent le temps n’est pas terrible, alors nous  attendons au camping car nous voulons vraiment pouvoir profiter de la vue qui nous attend !

Un matin, nous nous lançons. Nous prenons le bus avec des touristes Allemands (ceux qui ronflaient, rotaient et pétaient toute la nuit, ignorant sans doute qu’une tente n’offre qu’une isolation limitée contre le bruit). Il y a déjà des Chinois qui s’obstinent à prendre des photos à travers les vitres sales, avec un matos qui fait pâlir d’envie Adree. A l’arrivée, je suis super déçue : je m’attendais à être en pleine nature sauvage, que nenni ! C’est tout un centre touristique qui nous accueille dès notre  arrivée. Sans oublier le parking payant pour les voitures.

Les toilettes reçoivent quand-même ma bénédiction (et pas seulement!) et nous commençons notre ascension. Ca se bouscule au portillon, les familles, les vieux, les chiens… tout le monde est de la partie. Nous tablons sur une heure et demi de marche, mais nous mettrons un peu moins. Le soleil est aussi avec nous et nous le remercions. Nous arrivons finalement au fameux croisement: à gauche pour aller directement sur ZE rocher, à droite pour être encore plus haut et le surplomber. Vu la foule, nous n’hésitons pas à commencer par la droite.

Je suis tellement impatiente de voir ça ! Ca avait été un vrai coup de coeur dès les première photos vues dans les prospectus touristiques. Il fallait qu’on le fasse.

Ca y est, je le sens, c’est ici. Adree me laisse pour monter encore plus haut ! Il disparaitra presque trois quart d’heure. Je sais précisément là où je veux être. Voilà, j’y suis…

preikestolen 21

Je m’assois près du vide. Moi qui avais peur d’avoir été marquée tellement profondément par l’Islande que je ne pourrai plus  apprécier à leur  juste valeur d’autres paysages, d’être blasée, d’avoir laissé mes yeux là-bas… Je m’assois au bord du vide. Et j’ai gardé mes yeux.

Un paysage grandiose, immense, infini se déroule devant moi. Je ne suis rien. L’émotion monte. Je pense à ma famille attablée au même moment, quelque part dans le sud de la France. Je pense à ma soeur dont c’est l’anniversaire. Je pense à eux sans doute un peu tristes de le fêter sans moi. Je pense à eux et j’aimerais tellement qu’ils puissent voir ce que j’ai sous les yeux.

Pardon, mais c’est trop beau…

Un léger souffle vient plisser le dessus de l’eau, telle une caresse. Il y a tellement de profondeur, l’eau est si foncée et compacte qu’on dirait une bande de tissu précieux.

A plus de 600 mètres de haut, les quelques bateaux qui passent sont ridicules.

Et voilà qu’en me penchant un peu, j’aperçois la fameuse plate-forme sous mes pieds, envahie de touristes. Ca rit, ça crie, ça saute, ça mange, ça fait son kéké, ça prend des poses pour des selfies, ça touriste. Pouah, je donnerais beaucoup pour qu’il n’y ait plus personne ! Ils m’énervent, j’ai l’impression qu’ils ne savent pas apprécier.

Adree revient et on mange, en faisant une photo dédicace (devinez laquelle !) à l’auteur du blog Wohohoho, qui nous a donné des infos pratiques.

Monté 100 mètres plus haut, Adree a rapporté quelques photos de plus et un Panorama à 360° …

 

Puis nous descendons à notre tour sur la plate-forme. Ca se bouscule presque, ça me fait un peu peur, comme dans le métro ou sur le quai des gares, sauf que là, c’est la chute qui tue, le saut de l’ange d’une vie.

Nous essayons de prendre quelques photos mémorables (oui, j’avoue, on touriste aussi).

Et puis nous prenons le chemin du retour. Nous rentrons à pieds, pas parce qu’on en redemande, mais comme le chauffeur à l’aller nous a dit qu’on paierait au retour… on économise les tickets de bus !

Le lendemain, on est le 23 juin, c’est l’anniversaire d’Adree: nous retournons à Stavanger.

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5 Comments

  1. Merci pour la photo, j’adore avoir des salades de riz dédicace o/

    Pour la masse de touristes c’est normal. Comme vous l’avez dit, la photo est sur les prospectus, et même, c’est souvent la 1ère photo qu’on voit. Sans parler des photos que j’ai vues dans le métro parisien. Bref c’est un peu la tour Eiffel de la Norvège 😉
    Qui plus est la rando est accessible assez facilement depuis Stavanger, et elle est aussi accessible en durée pour les touristes aux chaussures de rando flambant-neuves.

    ps : Stavanger, c’est plutôt 130000 habitants 😉

    • Merci 😉 Wiki n’est plus mon ami ! Pour les touristes, effectivement, on s’y attendait, mais ça gâche un peu le paysage ! :-p

  2. très belles photos et tres bon article 🙂

  3. Un article très intéressant avec des photos magnifiques ! On a envie d’y aller ! Que la terre est belle et la nature splendide ! A coté de telles merveilles nous sommes petits et bien peu de chose ! Devant tant de beauté et de hauteur, j’ai eu le vertige !

    • Merci bien. 😉
      Nous aussi on a eu le vertige!

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