Un cadeau, l’Islande…

Si vous ne savez pas où aller. Si vous êtes peintre, ou photographe. Si vous aimez la Nature. Si vous aimez ce qui est beau. Si vous n’avez qu’un pays à voir dans votre vie. Si vous croyez avoir tout vu. Allez en Islande.

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Dans l’avion, à l’aéroport, dans la navette pour rejoindre le centre de Reykjavik, je n’ai pas arrêté de me dire: « On est en Islande! On est en Islande! » En regardant le désert rocailleux par la fenêtre du bus. Je suis en Islande. Ca y est, enfin, fabuleux, incroyable…

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Il fait gris, il fait frais. Nous marchons dans la rue principale. Reykjavik est une capitale qui ressemble à un village. Un joli village. Le pays compte environ 300 000 habitants dont près de 60% vivent dans la région de Reykjavik.

Notre auberge de jeunesse fait aussi office de pub. Nous sommes « surclassés » en dortoir de 6 au lieu de 8; tant mieux ! Nous espérons mieux dormir que la veille. Nous nous installons et ressortons pour manger un bout. Il fait jour mais il est presque 22 heures! Tous les restaurants sont fermés. Nous entrons finalement dans un petit resto indien. Nous y rencontrons une française arrivée par le même avion que nous et discutons avec elle. Cela fait deux ans qu’elle a quitté la France; elle a travaillé un an au black dans des fermes en Irlande, puis en Ecosse. L’Islande, c’est pour des vacances.

La nuit se passe bien, sauf que nos compagnes de chambres asiatiques se sont mises à fouiller dans leurs sacs plastiques au petit matin… plusieurs fois… longtemps…

Redevenus bourricots, nous cherchons un office du tourisme et nous renseignons sur les locations de voitures, au cas où, mais c’est trop cher pour nous. Le circuit possible à pieds semble très restreint… Donc pouce et bus.

Nous nous rendons à la gare routière, et là nous tombons sur la Vieille Vilaine qui prend son pied à nous voir galérer. En gros, nous lui disons où nous voulons aller, et elle nous répond qu’il y a bien des bus pour ce trajet, mais qu’elle peut pas nous vendre de tickets. Alors on se regarde, on insiste, elle persiste (et moi de rire devant cette situation. Adree qui gronde: « Ne ris pas, tu vas la conforter dans sa connerie! », et moi de rire de plus belle). On arrive finalement à lui faire dire qu’elle ne peut pas nous vendre les tickets parce qu’il faut les acheter au chauffeur!

Merci Germaine!

On est pas plus avancé. On cherche quel bus prendre et où le prendre sur les différents affichages… Nous trouvons enfin. Nous allons jusqu’à une autre gare routière où nous devons changer de bus, une heure d’attente. Avec ce deuxième bus nous arrivons à Selfoss, où il nous faut encore faire un changement. On commence à trouver le temps long, il est déjà 15 heures. Le bus suivant arrive et là le chauffeur se trouve être une chauffeuse, une vieille chauffeuse… qui ne parle pas un mot d’anglais. Au début on est même pas sûr d’arriver où l’on veut ! Il n’y a personne d’autre bus_islandedans le bus. Nous roulons. Nous n’avons même pas payé. La chauffeuse communique avec nous en parlant dans sa langue et en nous montrant des papiers, où tout est écrit en islandais ! On essaie de deviner ce qu’elle dit et de lui répondre en anglais « simplifié » (genre on parle trop bien anglais ! ) Elle nous fera quand-même un « yes, no » en secouant la tête dans tous les sens! (et évidemment je ris). Bref elle semble encore plus frustrée que nous de ne pas pouvoir communiquer correctement. Elle finit par téléphoner à un collègue, et nous comprenons que nous allons changer de bus ! Avant de descendre elle nous brandit, toute frémissante, ses papiers et pointe du doigt le prix à payer. Je présente la CB, une fois, deux fois, le paiement semble ne pas vouloir se faire, on ne comprend rien. Finalement elle nous fait descendre et va parler avec l’autre chauffeur. Nous montons…et refaisons le même trajet! Nous arrivons ENFIN au terminus du bus qui se trouve être à 30 kms de là où nous voulions aller ! Super. Des heures à patiner dans le vide. Dix-huit heures passées et toujours au même point. L’arrêt est devant une supérette, la seule âme vivante du coin. Et il se met à pleuvoir.

Nous commençons à marcher, fatigués et énervés. Cinquante mètres plus loin, un panneau indique un camping ! Parfait, on va dormir là ! Mais en passant devant une grande baraque, on aperçoit une dizaine de têtes qui nous dévisagent (oui, il n’y a ni rideau ni volet en Islande aussi). On se demande ce qu’ils ont. Quoi, on est si bizarre que ça avec nos k-ways bleu ciel, noir, vert pomme et jaune fluo? (oui, nos sacs à dos ont leurs propres k-ways!) Soudain un homme nous sort et nous interpelle. Sur le coup, gros bug du cerveau: je lui demande s’il parle anglais. « Of course! » Effectivement, il venait de nous appeler en anglais… Je me retiens (presque) de rire. Il nous invite à entrer nous mettre à l’abri.

Ils sont tout un groupe d’Américains (qui parlent anglais, donc) qui fait de l’art plastique ou un truc dans le genre. Il y a des peintures et des collages étalés partout. Nous parlons un peu avec eux, Adree boit un café. L’une d’entre eux parle français et vient nous dire que sans voiture, on ne pourra pas aller plus loin. Elle nous conseille de regarder les locations sur Internet. Nous dégainons l’ordi et trouvons notre bonheur ! C’est décidé, demain retour (on ne sait pas comment) à Reykjavik.

selfieLa pluie s’est arrêtée, nous remercions tout le monde et repartons. En fait le camping était juste à côté ! Rien n’est affiché et personne ne surveille l’entrée: c’est gratuit?!

Bah finalement non, après manger, alors que le couple qui était à côté nous est parti se promener, arrive une voiture de laquelle sort une femme qui vient nous voir. Elle nous demande si on va dormir là, et dégaine une machine à cartes bleues. Allez hop, environ 15 euros. Un peu dégouté d’être restés, alors que l’autre couple aura eu sa nuit gratos!…

On réussit à se connecter et à réserver une voiture pour dix jours à 400 euros, avec l’option retour à l’aéroport.

Mais le lendemain, la galère continue: nous allons nous renseigner à la supérette, le seul bus de la journée est à 17 heures 30 ! La grosse blague… Il est dix heures. On fait quoi? On marche et on lève le pouce! J’y crois pas trop… Heureusement le temps est au beau fixe. Mais voilà qu’une plaie supplémentaire vient se greffer: une nuée de petites mouches nous suit, nous colle partout, les oreilles, le nez, la bouche…nous voici transformés en bovins !

On attend les voitures à un rond-point. Une main pouce dressé, l’autre chassant l’air… Super, ça doit donner envie de s’arrêter, tiens. Il n’y a pas foule sur la route. Finalement, miracle ! Une voiture s’arrête: à l’intérieur le gars de la supérette, et au volant, sa supérieure ! Cool !

Nous faisons donc route avec eux pendant près d’une heure. Angela est très sympa (nous n’avons pas compris le prénom du gars ! ). Ils ont un look de rockeurs, vestes en jean et pantalon en cuir…mais ils se rendent à un séminaire à Reykjavik ! On est trop content d’avoir pu trouver quelqu’un. Angela nous laisse même son numéro de téléphone si jamais on a besoin !

Nous voilà dons de retour à la case départ. A 14 heures nous retrouvons le gars de la location qui nous emmène à son bureau. Il est lui-même étonné du prix qu’on paye ! (si ça vous intéresse, c’était sur ce site). Et nous voilà repartis ! Ah, ça nous avait manqué la voiture ! Le moral au beau fixe, nous retournons sur nos pas pour ENFIN atteindre Geysir, qui nous faisait languir depuis la veille.

Arrivés à Geysir, nous ne sommes pas déçus ! Un groupe de touristes est agglutiné autour d’un geyser, le seul en fait à jaillir (ça c’était un peu dommage !). Nous nous joignons à eux, et tout le monde attend, la main crispée sur le bouton déclencheur pour la fameuse photo tant espérée. Les souffles sont coupés. Un remous un peu trop vif en piège un ou deux. Attendez, ça vient, ça vient… ça y est ! Et pendant quelques secondes une colonne d’eau s’élève, bouillonnante, impressionnante… et retombe aussi soudainement qu’elle est apparue !

sandwich

En face du site (autrefois payant, désormais on est seulement invité à faire un don) se trouvent un grand magasin de souvenirs divers et vêtements en laine, ainsi qu’un beau restaurant. Nous nous partageons un sandwich avec de la salade à dix euros !

Nous repartons pour la cascade Gulfoss. Malheureusement il commence à pleuvoir ! Arrivés à la cascade, la pluie et le vent redoublent (bon, on commence à y être habitué, étant donné que c’est le temps auquel on a le plus souvent droit depuis qu’on est parti !) C’est bien dommage pour la vue et pour nos photos, mais le spectacle est quand-même là.

Islande

Nous partons à la recherche d’un coin tranquille pour dormir (même s’il ne fait pas nuit !). Adree se trompe de route et nous nous retrouvons hors des sentiers battus, ou plutôt le contraire finalement : la route devient un chemin rocailleux. Le paysage est un désert sec de rochers.

Je m’endors (ben quoi ?). Quand je me réveille Adree a réussi à retrouver la route 1 (qui porte bien son nom !) et nous dormons au bord d’un champ.

Le lendemain nous poursuivons la route du sud.

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