Wicklow express, ou notre Chemin de Croix

Pré HDRJ’avais vu qu’il y avait des campings et de quoi faire de belles balades à Wicklow.

Après une heure de train, nous arrivons et marchons jusqu’au centre ville. Nous nous mettons en quête de l’office du tourisme, mais il est fermé. Aidés du portable d’Adree et de sa géolocalisation, nous sommes en train de chercher un camping quand une femme qui passait par là avec son chien nous demande si tout va bien. Nous lui demandons pour le camping, elle nous dit qu’il est loin et doit être fermé, mais nous montre le chemin d’une auberge de jeunesse (hostel). Son chien est surexcité et saute de partout, elle nous dit au revoir et s’en va. Etant donné que nous avions déjà pas mal dépensé jusque là, nous ne tenions pas à aller en auberge. Nous voulions vraiment camper dans un de ces prés au vert éclatant. Alors nous décidons de marcher en nous éloignant du village vers le camping.

Nous marchons. Enfin, nous nous traînons. Parce que nous grimpons la colline et que là, nous sentons et prenons conscience de tout le poids de nos sas à dos. Juste avant le départ, « plus que ça et ça à rajouter »…sauf que ça et ça, au final ça a donné un sac de 16kgs, un sac de 10kgs et un de 4. Soit 30kgs à se porter à deux.

Oh my god.

En vrai chevalier servant Adree en a porter le maximum, mais…

Nous nous traînons. Nous nous traînons.

A chaque tournant Adree me dit que le prochain sera le bon… Des champs à perte de vue et pas un seul passage! Tous clôturés par des ronces, des fils barbelés et parfois les deux. De temps en temps une petite rincée pour agrémenter le tout. Nous avons marché pendant plus de deux heures, les épaules criant au scandale. Et puis n’y tenant plus, nous décidons d’aller sonner à une maison dont le grand jardin sauvage nous permettrait de planter notre tente sans pour autant être sous les fenêtres des gens.

Un homme se montre, nous commençons à lui parler, et voilà qu’il nous dit: « Non mais je suis français moi aussi ». Ah! Nous sommes contents de tomber sur un compatriote, lui aussi sûrement mais ne le montre pas, et nous dit qu’il y a un camping à deux cents mètres, et que normalement, il est ouvert. Ah, ce camping! Il semble se sentir obligé d’ajouter que s’il y a un problème on peut revenir le voir, nous le remercions et repartons.

Nous nous re-traînons.

Arrivés au camping, enfin, deux hommes sont en train de parler. En nous voyant, l’un d’eux nous dit qu’ils sont fermés, mais qu’il y a l’autre camping, plus loin, qui lui est ouvert. Est-ce une conspiration pour nous tester?! Alors nous nous re-re-traînons cent mètres de plus.

Le camping est ouvert, nous allons à la réception mais elle est fermée et nous ne trouvons personne. Nous nous élançons (le mot est fort mais le coeur y est) dans le pré et commençons à déplier la tente. Cette fois c’est le vent qui s’y met. Adree est en train de mettre les piquets quand on voit venir vers nous une femme. Nous la saluons et allions lui expliquer que nous n’avions vu personne, quand nous l’entendons nous dire:

« I’m sorry but you can’t camp here » (ou quelque chose dans le genre).

Hum, WHAT??

Elle nous explique que les voisins (où ça??) se sont plaints et qu’on ne peut pas mettre notre tente en plein milieu. Elle part avec Adree lui montrer une autre place. Quand ils reviennent Adree me dit qu’il faut la payer maintenant et que c’est 20 euros. 20 euros pour mettre une tente?! Alors oui, on avait l’habitude des supers prix des campings en France, mais apparemment en Irlande le minimum c’est 10 euros par personne! Bref, nous parvenons ENFIN à nous installer, dans le noir et le vent (big up à Chou), et à nous écrouler dans nos sacs de couchage…

Le lendemain, nous faisons le tour du propriétaire et découvrons une plage en contre-bas. Séance photos!

#ACWT

Hors de question de se retaper deux heures de souffrance pour retourner en ville: nous décidons de faire du stop pour la première fois. Et la deuxième voiture qui passe s’arrête pour nous prendre! Nous n’en croyons pas nos yeux. La journée commence bien! Le gars qui nous prend est sympa, nous pose quelques questions et en à peine dix minutes nous voici arrivés! Le cauchemar de la veille n’est plus qu’un mauvais souvenir.

A l’office du tourisme nous demandons comment nous rendre à Glendalough, puisque nous voulons voir ces paysages « so gorgeous« . Il nous faut reprendre le train, toujours difficile de porter nos sacs avec les épaules endolories qui plus est; nous effectuons le chemin de la veille en sens inverse. Nous patientons plus de deux heures pour avoir notre train…qui mettra dix minutes pour nous emmener à Rathdrum. Encore un petit village où l’office du tourisme est fermé… Nous faisons la connaissance de trois voyageurs hollandais aux sacs à dos ridiculement petits, je leur dis que je les adore. « We have only we need » (« Nous n’avons que ce dont nous avons besoin »), t’es gentil mais tu crois quoi, qu’on trimbale pour le voisin? Juste le temps de se séparer sans savoir ce que l’on va faire, et voilà une voiture qui s’arrête à notre niveau, comme ça, et un jeune à l’intérieur qui nous demande si on a besoin d’aller quelque part! Incroyable, nous montons, il s’appelle Bill et nous dit qu’il nous a remarqué de suite parce que lui aussi a déjà voyagé en backpacker et qu’il sait ce que c’est! Il conduit vite et ne nous parait finalement pas très frais pour faire ça, tournant la tête en nous regardant au lieu de regarder la route… mais il nous emmène à Glendalough!

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3 Comments

  1. Comme vous êtes mignons les ptits loups, gardez le moral le printemps arrive !!

  2. Que de péripéties …j’ai trop rigoler

  3. je me demandais quand arriverai le moment où vous alliez galérer avec vos sacs d’une tonne et sous la pluie !! ça, c’est fait hahaha !
    Mais tu ne dis pas ce qui vous est passé par la tête pdt ces 2h de galère lol
    Des bisous !!!

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